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« Le temps de réaction sera plus rapide »

Politique
Grégoire DJARMAILA | 23-02-2018 09:51

Colonel Didier Badjeck, chef de la division de la Communication au ministère de la Défense

Quelle lecture peut-on faire de la réorganisation du commandement militaire territorial décidée par le chef de l’Etat, chef des armées ?

Il n’est pas indiqué pour le militaire que nous sommes d’apprécier, de commenter ou de faire une lecture des hautes décisions que prend le chef de l’Etat, chef des armées. Tout au plus, nous essayons de comprendre ces textes pour pouvoir mieux les exécuter et en faire un usage optimal dans les missions qui nous sont assignées. Il faut dire d’emblée que ces textes se situent dans le prolongement du renforcement de la réforme engagée en 2001. Cette réorganisation consacre un nouveau découpage territorial qui appelle à une réaction face à la situation sécuritaire actuelle. Nous avons vécu la même situation au début de la guerre lancée contre Boko Haram. Nous étions un pays pacifique et qui avait moins de problèmes au niveau de ses frontières. Mais aujourd’hui, avec les effets pervers de la mondialisation, nous sommes de plus en plus exposés aux menaces protéiformes. L’armée a donc pour mission régalienne de d’assurer l’intégrité territoriale du Cameroun sur les ordres de son chef, le président de la République, Paul Biya. Ces réajustements montrent également que le chef de l’Etat, chef des armées est au fait de la situation sécuritaire au niveau national et transfrontalier. Il prend donc des mesures actives idoines. Ce sont des actes qui doivent implémenter une certaine fluidité dans le commandement militaire, une certaine flexibilité dans l’action opérationnelle des forces et une montée en puissance de notre capacité à répondre aux menaces qui nous interpellent aujourd’hui.

Ce nouveau découpage est visiblement destiné à cerner la carte des zones crisogènes…

Sur le plan technique, ce nouveau découpage territorial qui va permettre un meilleur maillage sur les zones crisogènes et diminuer ainsi les élongations. Dans le concept d’inter-armisation qui a conditionné la création des régions militaires interarmées, il est question de permettre à ces unités territoriales de disposer des moyens humains et logistiques autonomes. Plus on la découpe et on maille le territoire, plus elle est efficace et le temps de réaction est plus rapide dans la prise des décisions. Le chef des armées dans ses prérogatives constitutionnelles vit avec ces réalités géostratégiques. On remarque qu’il y a une volonté d’impulser une montée en puissance des capacités opérationnelles de toutes ces éventualités que nous rencontrons. Le Cameroun est attaqué à l’Extrême-Nord par la secte terrorise Boko Haram. A l’Est, nous faisons face à des menées des braconniers et des incursions des rebelles centrafricains. Dans le littoral, la zone côtière fait face à la piraterie maritime. Devant ces menaces protéiformes, il a été mis en place un outil de défense qui est un outil polymorphe qui permet de réagir dans l’immensité géographique du pays. On se rend compte par ailleurs qu’il y a une volonté de renforcer les capacités opérationnelles des forces terrestres et aériennes pour permettre des réactions spécifiques à la typologie de menaces qui sont prégnantes aujourd’hui sur le terrain. Nous partons des textes de la réforme de 2001 qui était adossée sur trois piliers : le rajeunissement, la professionnalisation et l’équipement des forces. Toutes choses qui se résumaient en la modernisation de l’armée camerounaise. Aujourd’hui nous constatons que cette réforme est un outil en mouvement qui permet à tout moment de pouvoir être remodelé pour pouvoir faire face avec une pertinence certaine aux défis de l’heure. L’objectif est de maintenir un climat de paix qui va de pair avec la marche vers l’émergence.

En 2014 le chef de l’Etat a procédé à une réorganisation du commandement territorial, aujourd’hui en pleine guerre contre les velléités sécessionnistes, peut-on espérer s’attendre à une diminution des menaces dans les prochaines semaines dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ?

Une chose est sûre, le chef de l’Etat prend toujours des décisions dans le sens de la victoire. Nous sommes au front depuis quatre ans contre Boko Haram. Aujourd’hui, la situation s’est nettement améliorée au niveau de la région de l’Extrême- Nord. Les attaques ont complètement diminué. Elles peuvent survenir, c’est pour cela que le chef de l’Etat nous invite depuis quelques années à être vigilants, être surtout résilients. Avec ces réajustements, nous allons mieux coordonner nos actions pour contrecarrer ce désordre qui s’est installé dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

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