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Justice: Le pardon au coeur de la réflexion

Politique
Rousseau-Joël FOUTE | 23-02-2018 10:19

Hier à Yaoundé, le sujet a été développé par le Premier président de la Cour suprême, Daniel Mekobe Sone, lors de l’audience solennelle de rentrée de la haute juridiction.

Il était 12h18 hier quand le Premier président de la Cour suprême, Daniel Mekobe Sone, a déclaré close l’année judiciaire 2017 et ouverte l’année judiciaire 2018, après avoir donné acte au Procureur général près ladite Cour de ses réquisitions.

Une minute plus tard, n’ayant pas constaté de réquisition spéciale de la part du Procureur général, il a levé l’audience solennelle de rentrée de la haute juridiction. Cette séquence marquait ainsi la fin de la cérémonie qui a connu deux temps forts dans la salle d’apparat de la Cour suprême.

Le deuxième temps fort a été l’allocution du Premier président de la Cour suprême. Comme les années précédentes et pour sacrifier au rituel, Daniel Mekobe Sone a déclaré que la haute juridiction a choisi de partager avec l’auditoire une réflexion qui touche à la politique criminelle du Cameroun, notamment, « l’esprit du pardon dans la mise en oeuvre du droit pénal au Cameroun ».

On retiendra de son riche exposé que le législateur pénal camerounais a défini de nombreuses incriminations en fonction des valeurs sociales à protéger. En gros, les sanctions pénales ont des fonctions essentielles : fonctions d’intimidation, de rétribution et de réadaptation car a-t-il expliqué, une répression qui ne se préoccupe pas de réadapter les délinquants fait une oeuvre vaine et inhumaine.

Au sujet du pardon, Daniel Mekobe Sone a indiqué que le juge n’est pas un ministre du culte, mais qu’en prêtant serment devant Dieu, il s’engage à être miséricordieux dans l’accomplissement de sa mission.

Pour l’orateur, le pardon du juge passe par des circonstances atténuantes, les excuses atténuantes, les peines alternatives et la dispense de la contrainte par corps. Quant à l’esprit du pardon dans le système pénal camerounais, le Premier président de la Cour suprême a affirmé qu’il est omniprésent à toutes les phases de la procédure pénale.

Le pardon pouvant émaner du législateur, du juge et de la victime. « Le pardon, véritable droit de la miséricorde et de la pitié, constitue dans la dialectique de répression-réadaptation, un instrument d’humanisation de notre justice sociale », a-t-il lancé, avant de présenter le pardon comme une alternative pour tempérer « l’énervement de la répression ».

A la fin de son propos, Daniel Mekobe Sone a déclaré qu’il faut développer dans toutes les phases du procès pénal et de l’exécution des sanctions pénales une véritable culture du pardon. « C’est de la sorte et de la sorte seulement que notre justice pénale peut servir véritablement d’instrument de paix et de développement », a-t-il conclu.

Avant lui, Luc Ndjodo, procureur général près la Cour suprême, dans ses réquisitions qui ont suivi l’ouverture de l’audience après l’entrée des membres de la Cour suprême dans la salle, a abordé certaines considérations sur un thème d’une brûlante actualité, à savoir, « la défense sociale face au défi du terrorisme ».

De nombreuses personnalités ont assisté à l’audience d’hier, parmi lesquelles le Premier ministre, chef du gouvernement, Philemon Yang et le président du Conseil constitutionnel, Clément Atangana.

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