Un secteur à suivre

24 heures
Rousseau-Joël FOUTE | 27-02-2018 08:50

Regard

Au Cameroun, les jeux de hasard, qui reposent sur la probabilité d’un gain, en nature ou en argent, la chance ou le sort primant sur l’adresse du joueur, font florès.

Dressant l’état des lieux lors d’un Conseil de cabinet tenu en avril 2015, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation constatait déjà l’apparition de nombreux acteurs dans le secteur, plus ou moins respectueux des règles de cette activité exercée sous le régime de l’autorisation et avec de nombreux garde-fous. Le ministre avait également souligné que

« ce secteur est gangrené par de nombreux maux, dont le choix de la clandestinité de quelques opérateurs, les comportements addictifs de certains joueurs, la localisation inappropriée des établissements de jeux ou le non-respect de l’interdiction des jeux aux mineurs ».

D’où l’actualisation et l’adaptation, lors de la session parlementaire de juin 2015, de la loi de 1989 fixant le régime des jeux au Cameroun. Parce que certaines insuffisances ont été mises en exergue, notamment l’inconsistance des retombées de ces jeux d’argent sur le plan économique, le non-respect du cahier de charges applicable et l’absence d’un mécanisme efficace de contrôle permanent et de régulation du secteur. Il n’est donc pas normal aujourd’hui que sans autorisation, des individus mus par le seul appât du gain installent dans les rues, bars et boutiques des villes et villages, des machines à sous qui attirent de nombreux joueurs parmi lesquels des mineurs.

Nul n’étant censé ignorer la loi, il est bon de rappeler que ceux qui évoluent en marge de la réglementation en vigueur s’exposent aux rigueurs de la loi. C’est ainsi par exemple que le Code pénal punit d’un emprisonnement de six mois à deux ans et d’une amende de cinq millions à 25 millions de F ou de l’une de ces deux peines seulement celui qui, sans contrat de concession, exerce la profession d’exploitant de casino, d’exploitant de loterie publique ou de paris.

En outre, est puni d’une peine d’emprisonnement de un à trois ans et d’une amende de cinq millions à dix millions de F ou de l’une de ces deux peines seulement celui qui ne prend pas des mesures pour empêcher l’accès d’un mineur à une salle de casino. Il faut donc saluer les saisies des machines effectuées avant-hier par les forces de maintien de l’ordre dans la zone de Nkolnkondi, Abattoir et Fougerol en banlieue de Yaoundé.

Cette opération devrait s’étendre aux autres localités du pays où s’exercent cette activité dans les mêmes conditions afin que force reste à loi. Sinon, les exploitants véreux vont continuer à ne pas respecter la réglementation et à ne pas déclarer leurs revenus au fisc et c’est le Trésor public qui va en pâtir. Car faut-il le rappeler, les exploitants de jeux de hasard sont soumis au régime fiscal de droit commun.

Rentrent dans cette catégorie, les machines à sous ou appareils dont le fonctionnement nécessite l’introduction d’une pièce de monnaie ou d’un jeton destinés ou non à procurer au joueur la chance d’un gain. Autant dire qu’il faut veiller en tout temps au respect du cadre normatif en la matière.

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