Principe de précaution

24 heures
Rousseau-Joël FOUTE | 28-02-2018 10:31

Regard

Les climato-sceptiques devraient se rendre progressivement à l’évidence qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Le climat change. Les effets de ce dérèglement se font déjà sentir, ici et ailleurs. Certes, les conséquences du réchauffement climatique induit par l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre n'auront pas partout la même ampleur.

Mais, une chose est sûre : les populations déjà vulnérables des pays en développement en subiront les effets les plus importants. La preuve, au Cameroun, ce sont ces pluies précoces et d’une rare violence qu’on enregistre depuis quelques jours dans certaines de nos villes, Yaoundé et Douala par exemple.

Au mois de février s’il vous plaît. Alors que traditionnellement, c’est en mars qu’on assiste au retour des pluies dans la partie méridionale du pays après la longue saison sèche. Ces pluies diluviennes entraînent des inondations dans les bas-fonds et là où, en ville, les drains sont bouchés, comme à l’Avenue Kennedy à Yaoundé.

Du coup, des questions fusent. Que faire maintenant ? Alors que la campagne agricole s’ouvre généralement vers mi-mars, les agriculteurs se demandent s’il faut déjà semer puisque le sol est bien mouillé et ramolli là où les pluies sont tombées.

En guise de réponse, il faut rappeler que depuis le bouleversement de la carte des saisons ces dernières années, les prévisionnistes en météorologie conseillent d’observer le principe de précaution. Car les pluies de ces jours-ci n’annoncent pas forcément la fin définitive de la saison sèche.

C’est dire qu’il n’est pas exclu qu’une courte saison sèche survienne à nouveau au cours des prochaines semaines. Dans ces conditions, ceux qui auront pris le risque de semer les graines ou de planter les boutures prématurément courent le risque de les voir dépérir faute d’eau suffisante pour favoriser leur germination.

C’est déjà arrivé au Cameroun et les paysans ont perdu leurs semences. Ce qui a entraîné ces années-là une baisse de la production vivrière chez ceux qui n’avaient pas assez d’argent pour se réapprovisionner en semences. Par conséquent, il vaut mieux encore attendre quelques semaines avant de s’engager dans les semis.

Chez les autres citoyens, la prudence doit également être de mise. La carte des zones inondables étant connue dans nos localités, les pouvoirs publics devraient prendre à temps les dispositions nécessaires pour curer les caniveaux afin que les eaux de pluie circulent aisément le moment venu.

Les populations devraient pour leur part se montrer disciplinées, en observant les mises en garde concernant les zones où il est interdit de construire.

A l’instar des flancs de colline où peuvent survenir des éboulements de terrain ou encore des marécages et autres bas-fonds vers où convergent naturellement les eaux. Sinon, en quelques heures, on risque de perdre sa maison et ses biens. Et pourquoi pas sa vie. C’est souvent arrivé. Alors, prudence !

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