« Ces pluies résultent d’un processus normal d’évaporation »

24 heures
Monica NKODO | 28-02-2018 10:31

L'explication

Pr. Maurice Tsalefac, climatologue.

Depuis une dizaine de jours, on observe des intempéries sur la majeure partie du pays à une période du mois de février qui est celle de la saison sèche. Comment l’expliquer ?

Les pluies qu’on observe actuellement au Sud du Cameroun en général et dans la région de Yaoundé en particulier sont liées à une position très haute du front intertropical pour la saison. Notamment à 8 degrés de latitude nord alors qu’en moyenne, il devrait être à 6 degrés nord. C’est cette position du front intertropical qui explique les pluies surabondantes qu’on a observées. Le front intertropical sépare les vents Alizés (venus du Sahara qui sont à l’origine de la saison sèche et des vents du Sudouest) de la Mousson, originaire de l’océan, qui nous apporte les pluies. La force de ces vents Alize et Mousson est tributaire des jeux en position et en valeur des anticyclones subtropicaux, notamment anticyclone du Sahara et des Açores au Nord, anticyclone de Sainte Hélène au Sud.

Est-ce à dire que la saison des pluies est arrivée bien plus tôt cette année ?

Ce sont des pluies très précoces certes, mais qui ne devraient pas correspondre à un début effectif de la saison des pluies. Tout devrait revenir à la normale, même si nous ne sommes pas à l’abri de fortes pluies soudaines. Les pluies qui tombent actuellement, non seulement à Yaoundé mais aussi ailleurs au Sud et dans les régions de relief sont essentiellement des pluies dites de convection ou encore d’évolution diurne. Ce qui signifie que ce sont les processus d’évaporation essentiellement qui les déterminent. D’où l’importance du couvert végétal et des plans d’eau dans leur genèse. Ces pluies sont précédées d’une intense chaleur qui s’explique par le fait que nous sommes pratiquement a l’équinoxe de printemps, d’où l’intensité du rayonnement solaire dans les régions équatoriales. Quelle incidence va-t-on observer au niveau de l’activité agricole ? Il ne faut surtout pas que les agriculteurs remuent les sols. Car ce faisant, ils exposeraient les microorganismes des sols à la forte insolation, ce qui aura pour conséquence de les détruire. On ne pourra donc pas s’attendre à de bons rendements du fait non pas du climat, mais bien plus de cette maladresse. Vous savez que le souvenir schématise vite et a tendance à se porter sur les extrêmes. De pareilles situations on les a observées dans les années 1973-1974 et dans les années 1983-84 à l’occasion des sécheresses intenses qu’on a observées ces années-là.

Ces pluies de février sont-elles véritablement dues aux changements climatiques ?

Les faits que nous venons de décrire relèvent de la variabilité naturelle du climat. Mais ces perturbations peuvent fort bien être les indices des changements climatiques actuels. Mais le fait que nous puissions trouver des exemples similaires dans un passé très proche nous invite à une très grande prudence. Surtout que le Cameroun ne dispose pas de suffisamment de données sur le sujet. Il faut espérer que cette situation sera progressivement corrigée par l’Observatoire national des changements climatiques (ONACC).

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5 commentaire(s)

    1 a écrit le 2018/06/23 06:59:47 :
    vega
    1 a écrit le 2018/06/23 06:59:47 :
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    1 a écrit le 2018/06/23 06:59:47 :
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