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:« Nous devons nous arrimer »

Economie
Rita DIBA | 01-03-2018 10:21

Bertin Médard Ngounio, Directeur général du Conseil Centrafricain des Chargeurs (CCAC).

Quelle est l’importance de la représentation des ports du Cameroun pour les opérateurs centrafricains ?

L’installation des autorités portuaires à Bangui va permettre de résorber un certain nombre de difficultés qui étaient liées à des problèmes de communication et d’incompréhension. En ayant une représentation ici, elle pourra mieux informer en temps réel les opérateurs, parce que quelquefois, lorsque nos marchandises arrivent par les ports du Cameroun, le décalage de transmission d’information engendre par exemple des coûts supplémentaires pour la partie centrafricaine. La représentation ici va permettre de réduire ce type de coûts.

Quelles sont exactement les difficultés des chargeurs sur le corridor?

Le problème principal que nous rencontrons, principalement avec le port de Douala, se situe sur l’exportation de notre bois, un produit sur lequel notre activité est énorme. Lorsque le bois centrafricain arrive au parc à bois, un des problèmes c’est la modification des manifestes. Nous nous rendons compte qu’il y a des découpes et l’origine du bois est modifiée. Ce qui est quand même un grave préjudice pour l’économie et les intérêts centrafricains. Ensuite, il y a la durée d’attente sur le port au parc à bois. Nous avons aussi la question de la répartition des taux de fret sur laquelle il faudrait que les deux pays s’accordent.

Que pensez-vous des quelques mesures prises par le Cameroun et évoquées par le chef de la délégation de Port-Synthèse pour la facilitation du transit ?

Il a évoqué la nécessité de créer un comité entre les deux pays et là, nous pourrons évaluer ces mesures. On va essayer de le mettre sur pied et voir aussi ce qui ne va pas sur la partie centrafricaine. Comme préoccupations par exemple, on s’est rendu compte qu’il y a beaucoup de pratiques anormales, des barrières invisibles parce que d’après les textes, il ne devrait exister sur le corridor que trois ou quatre barrières. Sauf que quelquefois, on se retrouve à quinze barrières, y compris sur la partie centrafricaine. La partie camerounaise a essayé de résoudre cela. Ils nous ont mis en place des numéros verts que nos chauffeurs et transporteurs pourront utiliser. Il a été question aussi de réduire le temps de pose des Gps. C’est autant de mesures que la partie camerounaise a quand même déjà mises en œuvre mais maintenant, nous attendons l’évaluation.

Justement, quelles sont les obstacles qu’on peut imputer à la partie centrafricaine ?

Un des défis serait de convaincre les forces de défense sur la nécessité, au-delà de la sécurité du pays, de faciliter la circulation des marchandises. Une autre difficulté, c’est que même si le CCAC a repris son activité en 2015, la direction générale n’existe que depuis six mois. C’est depuis cette date que nous remettons tout en place. Donc il y a des questions de formation et d’information des chargeurs, des questions de méconnaissance jusqu’à présent des procédures par exemple au port et dans le commerce international. C’est donc autant de choses que nous devons résoudre pour nous arrimer à la partie camerounaise. Nous devons aussi travailler avec la partie douanière pour que nous puissions sécuriser les recettes douanières et les recettes de l’Etat.
 

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