Une bouffée d’oxygène

Politique
Jean Francis BELIBI | 01-03-2018 04:59

Regard

10 millions de dollars. Soit un peu plus de 5 milliards de F. C’est le montant du Fonds mis en place par les Nations Unies en faveur des réfugiés et des populations déplacées de la partie septentrionale du pays, victimes de la guerre contre la secte terroriste Boko Haram.

L’annonce faite en fin de semaine dernière dans le camp de Minawao par Ursula Mueller, sous-secrétaire générale aux Affaires humanitaires et coordonnatrice adjointe des secours d’urgence a été reçue comme une véritable bouffée d’oxygène par les populations de ce camp et les quelques 350 000 réfugiés que notre pays accueille du fait de l’insécurité chez nos voisins.

Il y a quelques semaines à Yaoundé, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, René Emmanuel Sadi avait procédé au lancement du Plan de réponse humanitaire 2018 en faveur des personnes victimes des conflits ou tout simplement les populations camerounaises déplacées dans le cadre de ceux-ci.

Les besoins en la matière sont énormes, car les chiffres avancés lors de cette rencontre organisée de concert avec les organismes du Système des Nations Unies indiquaient qu’il fallait mettre dans la cagnotte environ 170 milliards de F.

Le fonds de 10 millions de dollars annoncé se veut un début de solution, comme l’a rappelé la sous-secrétaire générale des Nations Unies. Signe sans doute de ce que depuis la tenue des assises sur le lancement du Plan de réponse humanitaire à Yaoundé en janvier dernier, les différents acteurs impliqués dans le processus d’encadrement de ces personnes ne sont pas restés inactifs.

Des efforts qui, il convient de le souligner, viennent renforcer ceux déjà déployés par les autorités camerounaises pour apporter tout le soutien nécessaire à ces personnes dans le besoin.

Car il faut peut-être le rappeler, notre pays ne fait pas qu’offrir le gîte à ces êtres humains en détresse. À cet effet, s’exprimant à l’occasion du Sommet des dirigeants sur les réfugiés, organisé en marge des travaux de la 71e session de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2016, le président de la République, Paul Biya, avait rappelé les efforts déjà déployés par le Cameroun pour faire face à la situation, non sans rassurer la communauté internationale sur le fait que notre pays n’entendait pas déroger à sa tradition d’hospitalité et de solidarité:

« En dépit de la charge financière que ces dispositions représentent, nous entendons poursuivre et renforcer ces aides… ».

Il avait néanmoins profité de cette occasion, comme il l’a fait quelques mois plus tard, face au corps diplomatique accrédité au Cameroun au cours de la cérémonie d’échanges de vœux de Nouvel an 2017, pour lancer

« un appel pour un soutien accru de la communauté internationale aux pays qui comme le Cameroun, ont accueilli des centaines de milliers de réfugiés sur leur territoire ».

Une interpellation qui semble de plus en plus trouver un écho favorable auprès des Nations et autres partenaires interpellés. La suite montre bien qu’il a été entendu…
 

Partagez cet article :

0 0 0 0
Loading...

Autres articles que vous aimerez lire...

0 commentaire(s)

Laissez un commentaire

Vous devez être connecté pour commenter