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Fuite des capitaux: comment freiner l’évasion

Economie
Josy MAUGER | 02-03-2018 10:47

Sensibilisation du législateur, renforcement des capacités des agents de l’administration sur la prévention de mauvaises pratiques sont à mettre en œuvre pour prévenir ce phénomène.

Afin de limiter la fuite des capitaux du Cameroun, il est primordial pour le gouvernement de renforcer le contrôle et la gouvernance des activités du secteur pétrolier et de la filière bois. Des efforts doivent également être faits en termes de qualité et de rigueur dans la mobilisation des ressources internes.

La prévention des mauvaises pratiques alimentant les fausses factures et l’accroissement de la fuite des capitaux entrent également en ligne de mire. C’est du moins ce que pensent des chercheurs ayant réalisé l’étude sur « l’environnement institutionnel et les liens entre les flux de capitaux et la fuite des capitaux  au Cameroun».

Ces travaux réalisés par Jean-Marie Gankou, professeur agrégé des sciences économiques et de gestion, Marius Bendoma et Sow Moussé Ndoye, docteurs en économie ont été publiés jeudi dernier à Yaoundé.

L’étude montre l’évolution du phénomène depuis ses débuts en Afrique subsaharienne (ASS). L’on apprend qu’entre 1970 et 2008, la première cause de la fuite des capitaux est la dette extérieure que contractent ces différents pays.

« Pour chaque dollar de dette contractée, environ 60% ressort du continent sous forme de fuite de capitaux », indiquent les chercheurs. Le phénomène a évolué vers d’autres causes à savoir : le transfert des migrants (13%) et surtout l’établissement de fausses factures (25%).

Sur 10 pays en ASS enregistrant le plus de fuite des capitaux, neuf sont considérés comme riches en ressources naturelles, dont six en ressources pétrolières.

 Le Cameroun occupe la 10e place dans le classement des pays d’ASS ayant enregistré les montants les plus élevés de la fuite des capitaux, 83% est dû aux fausses factures sur la période 1970-2010.

Pour ce pays, les fausses factures d’exportations sont estimées à 10 milliards de dollars et les fausses factures d’importations évaluées à 2,8 milliard de dollars sur la période 1995-2012.

Le secteur pétrolier avec 7,2 milliard de dollars est le plus touché, suivi par la filière bois avec 1,7 milliard de dollars. On retient également que les fausses factures mettent en lumière le phénomène de contrebande.

Les économistes expliquent à cet effet que le résultat de la complicité des agents publics et autres acteurs privés véreux fait perdre des ressources non négligeables à l’Etat.
 

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