Une opération à encourager

Politique
Rousseau-Joël FOUTE | 02-03-2018 11:02

Regard

Dans la mouvance de la décentralisation en cours, la région de l’Adamaoua se démarque et va plus loin. En en effet, elle conduit depuis quelques années des opérations d’un genre nouveau qui montrent que les élus locaux de cette partie du pays prennent leurs responsabilités et n’attendent pas de tout recevoir du gouvernement central.

C’est ainsi qu’à côté des projets retenus dans le cadre de l’exécution du Budget d’investissement public au niveau de cette région, les Collectivités territoriales décentralisées (CTD) de l’Adamaoua ont pris l’initiative de monter eux-mêmes des projets bancables à soumettre à la communauté des investisseurs et des bailleurs de fonds, d’où qu’ils viennent.

L’expérience lancée en 2015 s’est renouvelée en 2016 et on est rendu cette semaine à la troisième édition de la Conférence régionale de présentation des projets maturés des CTD de l’Adamaoua.

A cette occasion, les projets d’infrastructures font l’objet d’une opération marketing. Les secteurs les plus  concernés sont l’hydraulique, l’éducation, la santé, l’entretien routier, l’agriculture et l’élevage.

 Des secteurs qui, à l’analyse, ont un rapport étroit avec les besoins urgents des populations à la base et les potentialités économiques de cette région si riche. D’où les projets maturés pour transformer les potentialités identifiées sur le terrain en opportunités d’affaires. 

L’objectif à atteindre étant, au bout du parcours, d’améliorer les conditions de vie des populations et de donner un coup d’accélérateur déterminant au développement de la région.

Au-delà du caractère innovant de cette approche dans l’environnement camerounais, il faut noter l’effort endogène en termes de levée des obstacles qui peuvent plomber l’environnement local des affaires. Et dont le moindre n’est pas l’insuffisance souvent observée dans le montage des  projets soumis au financement.

Dans le cas d’espèce, il s’agit des projets qui satisfont  au moins des conditions de pré-maturité. C'est-à-dire, des projets qui sont techniquement réalisables ;  qui s'intègrent bien dans l'environnement institutionnel et réglementaire du Cameroun ; qui sont  économiquement et/ou socialement rentables et qui n’attendent plus qu'un financement pour être réalisé.

Une première évaluation des retombées de cette opération de charme montre qu’il y a de quoi satisfaire les promoteurs. Car selon notre correspondant à Ngaoundéré, 8,6 milliards de F ont déjà été mobilisés suite à la présentation des centaines de projets depuis 2015.

Et pour la seule édition 2018 tenue de lundi à mercredi derniers au chef-lieu de la région, 48 projets ont été sélectionnés pour 2,7 milliards de financement.

Ces chiffres, à n’en point douter, sont un indicateur que l’expérience séduit les bailleurs de fonds institutionnels et privés. Raison pour laquelle elle doit être soutenue et encouragée comme l’un des modèles à suivre par les autres régions du pays.

On pourrait ainsi assister, de fil en aiguille, à l’éclosion d’un véritable esprit d’émulation entre nos différentes régions qui ont chacune des avantages comparatifs à faire valoir. Ce faisant, le Cameroun tout entier pourrait en profiter.
 

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