Economie : la nouvelle impulsion

Presidential
BADJANG ba NKEN | 05-03-2018 10:50

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Attendue avec impatience par certains depuis de longs mois, redoutée par d’autres, la formation de la nouvelle équipe gouvernementale est effective depuis vendredi dernier. Ceux qui donnaient l’impression d’être « bien informés » et qui, au travers de la rumeur, des colonnes et antennes des médias annonçaient un vaste remaniement ministériel, avec le départ d’une vingtaine de ministres, se sont rendus à l’évidence qu’ils sont passés à côté de la plaque. Ils se sont plantés.

Le président de la République, Paul Biya, qui reste concentré sur le cap qu’il a fixé il y a quelques années à savoir : imprimer à notre économie une dynamique nouvelle, pour permettre au Cameorun de devenir un pays émergent à l’horizon 2035, a choisi de procéder à un réaménagement du gouvernement.

En injectant du sang neuf et en donnant une nouvelle légitimité à l’équipe conduite par le Premier ministre, chef du gouvernement, Philemon Yang, le chef de l’Etat traduit dans les faits sa vision pour un Cameroun prospère, à travers la lutte acharnée contre la pauvreté et conséquement, une amélioration croissante du quotidien des citoyens.

C’est pourquoi, bien que des départements ministériels en charge des questions politiques (Administration territoriale, Décentralisation et Développement local), ou sociale (ministère des Enseignements secondaires) soient concernés par le mouvement intervenu vendredi, le secteur le plus touché est celui en charge de l’économie et des finances.

C’est ainsi que Louis Paul Motaze et Alamine Ousmane Mey qui occupaient respectivement jusque-là les fonctions de ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, et de ministre de Finances, permutent. Au ministère de l’Eau et de l’Energie, Gaston Eloundou Essomba remplace Basile Atangana Kouna.

Au département ministériel en charge des forêts et de la faune, Jules Doret Ndongo remplace Philip Ngole Ngwese. Aux Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe prend la place d’Edgard Alain Mebe Ngo’o. Paul Tasong Njukang qui fait son entrée au gouvernement est nommé ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, chargé de la Planification.

Il remplace Yaouba Abdoulaye, muté ministre délégué auprès du ministre des Finances. Le secrétariat d’Etat auprès du ministre des Travaux publics chargé des Routes est désormais tenu par Armand Ndjodom.

Il remplace Louis Max Ayina Ohandja. Ce mouvement qui concerne six ministères en charge des questions économiques traduit la volonté du chef de l’Etat de recadrer l’action dans ce secteur. Il convient de rappeler que ce réaménagement du gouvernement intervient dans un contexte économique difficile, tant aux plans national qu’international. Une situation qui a conduit les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) à recourir au Fonds monétaire international (FMI).

Yaoundé et l’institution de Bretton Woods ont ainsi conclu un programme économique et financier appuyé par la Facilité élargie de crédit pour la période 2017-2019. Un programme dont le succès est notamment conditionné par la rationnalisation des dépenses, la réduction du train de vie de l’Etat, l’élargissement de l’assiette fiscale et la sécurisation des recettes.

S’agissant des projets structurants, qui ont transformé le pays en un vaste chantier, ils devraient pour la plupart être conduits à terme dans les prochains mois, pour répondre aux attentes des populations relatives à l’accès à l’eau potable et à l’électricité, ainsi qu’aux routes de qualité. Après les réjouissances du week end, l’équipe de Philemon Yang doit se remettre au travail dès ce jour avec l’installation des nouveaux membres du gouvernement et ceux qui changent de portefeuille.

Elle ne doit pas perdre de vue que le chef de l’Etat qui vient de leur renouveller ou d’accorder sa confiance pour mettre en oeuvre sa politique attend des ministres qu’ils transforment en réalités concrètes, les promesses qu’il a faites au peuple souverain dont les moindres ne sont pas, à court et moyen termes, l’organisation des élections sur l’ensemble du territoire national, l’accélération de la décentralisation et l’amélioration substantielle du bien-être des Camerounais. Une interpellation dont la tonalité est plus forte à la veille des échéances politiques attendues.

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