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« Il faut immatriculer les motos avant leur mise en circulation »

24 heures
Marie Christine NGONO | 13-03-2018 08:48

L'explication

   Jean Collins Ndefossokeng, président du Syndicat national des employés du secteur des transports terrestres.

De nombreux conducteurs de motos-taxis se servent de leurs engins pour commettre des vols et des agressions. Que faites-vous au niveau pour combattre ces dérives ?

Ce que nous faisons, c’est que nous disons au gouvernement de revenir à l’orthodoxie c’est-à-dire d’obliger les utilisateurs ou propriétaires de motos à les immatriculer d’abord avant de les mettre en circulation. Ensuite, nous demandons que les syndicats identifient les motos-taximen et non les maires. Nous sommes carrément impuissants. Nous avons incité l’Etat à produire un décret devant encadrer l’activité. Ce décret demande d’identifier les motos-taxis, pas les motos-taximen. Le nombre de documents qu’on leur demande est tel qu’il est  impossible pour un moto-taximan de les avoir tous. Je prends par exemple la visite technique. Les centres de visite technique ne sont pas partout au Cameroun. Et les motos-taximen sont réputés exercer l’activité en zone rurale. Vous comprenez donc que c’est difficile pour un moto-taximan qui est à Djoum de faire la visite technique. Il est obligé de se rendre à Ebolowa. C’est la raison pour laquelle on a dit au gouvernement qu’il faut absolument se rasseoir et relire le décret pour davantage l’adapter aux conditions d’exercice de cette activité. Parce qu’il y a dans ce décret une sorte de confusion entre immatriculation et identification de la moto.

Qu’entend faire votre syndicat pour mettre les motos-taximen en règle ?

Quand on parle d’immatriculation, cela veut dire acte de naissance de la moto. Donc, le véhicule appartient à quelqu’un qui est bien connu, bien fiché. Celui-ci  ne peut remettre la moto qu’à quelqu’un que lui-même a pu ficher à son niveau. Or, aucune moto, y compris celle des personnes insoupçonnées, n’est immatriculée. D’où la source de l’insécurité. Lorsqu’on se rapproche des pouvoirs publics pour leur dire qu’on adopte ensemble une politique pour immatriculer les motos, ils ne sont pas assez réceptifs. C’est pourquoi nous disons à l’heure actuelle que l’insécurité n’est qu’une évidence. Les syndicats sont les seuls qui ont la capacité d’organiser les activités des travailleurs de ce secteur et puis, de négocier les conventions collectives dans leur intérêt.

Dans le contexte sécuritaire qu’on connaît, n’est-il pas temps de sensibiliser vos membres aux bonnes pratiques dans l’intérêt de tous ?

Il s’agit pour le gouvernement de prendre ses responsabilités. Ça consiste pour celui-ci  de dire qu’au Cameroun, il n’est plus question qu’une moto circule sans être immatriculée. C’est le devoir régalien de l’Etat. Parce qu’une moto qui circule sans être immatriculée n’est autre chose qu’une source d’insécurité. Parce qu’il est impossible d’identifier son propriétaire au cas où une forfaiture serait causée à l’encontre d’un citoyen. Aucun syndicat ne s’opposera à une telle décision. Il faut bien que l’Etat remette aux syndicats l’identification des motos-taximen. Et à ce moment, dans tous le Cameroun, nous pourrons encadrer l’activité et connaître qui fait le métier et qui ne le fait pas. Et à ce moment, s’il y a insécurité, les syndicats seront interpellés pour répondre de ceux qui ont commis la forfaiture. Parce qu’ils ont le droit d’encadrer la profession et ne peut y entrer que celui qui est entré par le syndicat.

 

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