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Un phénomène qui fait de la résistance

24 heures
Sorèle GUEBEDIANG à BESSONG | 13-04-2018 06:54

Le contexte

Dans les différents processus administratifs à l’instar de l’établissement des CNI, passeports, concours professionnels, examens officiels de nombreux usagers y font recours.

Des candidats recalés pour faux diplômes. C’était lors du dernier examen de fin de stage des avocats en février dernier. Un examen devant leur permettre d’être inscrits au grand tableau de l’Ordre des avocats du Cameroun. Cette opération du Barreau du Cameroun visant à extirper les imposteurs de ses rangs a été saluée par le bâtonnier.

« C’est le lieu de vous indiquer que plusieurs cas de faux diplômes ont été détectés et réprimés par le conseil de l’Ordre et des plaintes sont en cours pour que des suites pénales leur soient réservées », a déclaré Me Jackson Ngnie Kamga, dans une interview accordée au journal « Kalara ».

Ici comme dans d’autres corps de métier, le phénomène est de plus en plus récurrent. « L’échec à répétition à un examen est l’une des principales causes de la recrudescence du faux et usage de faux dans la confection des dossiers relatifs aux examens officiels. Et la pièce avec laquelle les candidats trichent le plus reste l’acte de naissance », explique Gisèle T., enseignante. 

« De nos jours, on retrouve les registres d’état civil auprès des chefs de village. Et, il suffit de les amadouer pour obtenir un acte ou plusieurs actes de naissance sur lesquels l’année, le mois ou le jour de naissance y compris le lieu sont modifiés en fonction du besoin », explique un responsable dans une mairie de Yaoundé.

Cette méthode consistant à faire établir la même pièce plusieurs fois se recrute également auprès de ceux qui présentent les concours officiels. « Dans ce registre, on dénombre de faux diplômes obtenus dans certains pays africains. La plupart de ceux-ci sont fabriqués à la cité universitaire de Bonamoussadi à Yaoundé », confie un étudiant.

« Je connais une dame qui n’a jamais eu de probatoire mais dont l’époux a réussi à lui en fabriquer pour présenter le concours de l’Enieg et aujourd’hui, elle est enseignante », confie Albert Nguimbous, employé dans un établissement commercial. Parfois d’autres vont jusqu’à composer à la place de certains candidats avec toutes les références de ce dernier.

Même dans la course à de hautes responsabilités, certains postulants dans l’impossibilité de disposer d’arguments intellectuels se tournent vers la voie la plus facile pour parvenir à leurs fins. Récemment encore, quatre candidats à la présidence du Conseil national de la Jeunesse du Cameroun ont été déclarés inéligibles pour usage d’identités multiples.

Si certains sont nés quatre fois,  d’autres l’ont été trois ou deux fois. Le pot-aux-roses a été découvert juste après la mise à contribution de la Délégation générale à la Sûreté nationale (DGSN), intervenant dans les procédures de vérification des identités des candidats à cette élection. La vigilance sera renforcée  dans les salles d’examen dans quelques mois.
 

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