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Les Camerounais et le livre: une relation non fusionnelle

24 heures
Alexandra TCHUILEU N. | 25-04-2018 10:37

Les faits

Avec la célébration de la journée mondiale du livre avant-hier, il apparaît, après constat, que le rapport des Camerounais à la lecture est distancé.

Quel est votre livre de chevet en ce moment ? Posée au milieu de quelques jeunes, cette question paraît ringarde. Livre de chevet et jeune, cela semble ne pas rimer. Pour beaucoup, il est un luxe de s’offrir des livres, hors du champ scolaire et académique.

Pourtant, l’aventure vers les livres existe encore et est de plus en plus ciblée. Pour des travaux de recherche ou des raisons professionnelles. Diplômé de télécommunications, Ghislain Tseffo s’ouvre aux ouvrages généraux depuis peu.

« Depuis dix ans environ, je lis exclusivement des livres liés à la téléphonie mobile. Mais, je m’ouvre à autre chose. Je me suis donné le défi de lire au minimum 10 pages par jour », dit-il, dans l’espoir d’enrichir sa culture littéraire.

Motivée par ses recherches académiques, Frieda Lydia Tchouen est quant à elle passionnée, mais ne dispose pas toujours de moyens financiers. Les foires aux livres sont une aubaine pour elle. « A la dernière bourse du livre humanitaire de Yaoundé, je me suis offert trois ouvrages à 2500F, liés à la communication et aux médias », explique-t-elle.

Des bibliothèques et autres instituts culturels sont pourtant mis à la disposition des personnes intéressées par la lecture. Toutefois, leur fréquentation atteint rarement les objectifs initiaux.

Au Cercle de lecture et d’animation culturelle (Clac) de Mimboman à Yaoundé, pareil espace est offert. « Nous avons en moyenne 200 et 300 abonnés par an, avec un taux de fréquentation de 20 à 30 personnes par jour. Il s’agit souvent d’étudiants qui viennent pour des travaux académiques et tournent le dos quand ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchent », explique Christian Williams Kakoua, animateur culturel au Clac. Or, la tendance est différente chez les tout-petits.

« Nos abonnés âgés de 7 à 13 ans s’intéressent à tout et lisent un peu de tout. J’observe que les jeunes qui ont été en contact avec le livre en permanence dès le bas âge sont les plus gros consommateurs de livres plus tard », ajoute-t-il. Un amour du livre au déclin dont André Marie fait les frais au fil des années. Spécialisé en roman, ce commerçant au marché Acacia a une clientèle peu nombreuse, mais fidèle.

« En général, ce sont des dames. Elles sont souvent intéressées par la collection Harlequin pour leurs histoires. Mais, la côte baisse », explique-t-il. En effet, la télévision (notamment les télénovelas) et Internet offrent en raccourci les histoires à l’eau de rose que certaines puisaient dans ces livres.

Avec les innovations technologiques, les habitudes de consommation du livre changent. Cependant, les amoureux du livre multiplient des initiatives pour entretenir la flamme.

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