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Ports: les épaves lèvent l’ancre

24 heures
Alliance NYOBIA | 05-06-2018 07:39

Les faits

Une opération d’enlèvement de carcasses à Douala, Limbe et Tiko lancée hier par le ministre des Transports.

Un tapis de jacinthes d’eau s’est formé autour de l’embarcation abandonnée à quai. Deux amarres lient encore l’épave inclinée au débarcadère, et l’observateur se demande bien pourquoi.  Même les rats ont dû quitter cette coquille de noix depuis belle lurette. Elle n’a pas coulé, cependant, et occupe toujours un espace sur le plan d’eau au port de Douala.

Si au moins cette barque à la coque striée de moisissures, sur laquelle subsistent des traces d’une peinture bleue délustrée, était la seule à hanter les rivages du port, sa présence ne serait pas un si gros souci… Mais c’est loin d’être le cas, hélas ! Le port de Douala a une sorte de cimetière de bateaux « fantômes ». Des épaves de toutes tailles, qui rivalisent de hideur et de niveaux de rouille. Tableau peu reluisant, dont les premiers motifs se sont incrustés dans le décor portuaire il y a une trentaine d’années.

« Le phénomène des épaves au Port de Douala est une des conséquences de la crise économique des années 80 qui a touché le Cameroun de plein fouet. Et le secteur maritime n’a pas été épargné », explique une source autorisée au Port autonome de Douala (Pad). Et s’il y a eu des tentatives de désengorgement du plan d’eau, des quais et darses par le passé – avec notamment la démolition de 10 unités dès janvier 1984 – les épaves n’ont pas disparu, bien au contraire.

Selon des chiffres obtenus du Pad, l’on dénombre 80 épaves au port de Douala. La même source indique qu’il y en a 9 au port de Limbe, et 16 au port de Tiko. Pour l’essentiel, il s’agit de caboteurs (petits navires de transport de marchandises et de passagers), de chalutiers (bateaux de pêche), de remorqueurs, de vedettes, etc. Mais pour les ports, il s’agit surtout d’invités indésirables. D’où l’opération lancée hier, 4 juin, par le ministre des Transports, Jean-Ernest Ngalle Bibehe.

Concernant la place portuaire de Douala, le nouvel enlèvement des épaves a été décidé dans le cadre du processus de normalisation et de modernisation en cours. « C’était, depuis un an, une priorité de la direction générale, soutenue en cela par le conseil d’administration », explique un responsable de l’exploitation au Pad.

Il faut le relever, la présence au Cameroun du bateau-hôpital « Africa Mercy », de l’Ong humanitaire « Mercy Ships », a sans doute contribué à accélérer le processus d’enlèvement d’épaves qui vient d’être initié. En effet, le Pad avait mis à la disposition du navire-hôpital l’un de ses principaux quais commerciaux. La nécessité de libérer d’autres quais, obstrués par des épaves, s’est faite plus impérieuse.

D’où un ciblage qui a débouché sur un projet d’« Enlèvement prioritaire et urgent de 25 épaves », soit 20 navires privés et 5 appartenant au Pad. Cette opération précise est étalée sur huit mois et comprend trois phases : l’enlèvement des épaves en état de flottabilité après renflouement ; l’enlèvement des épaves devant être découpées dans l’eau ; l’enlèvement de celles à sortir de l’eau et à mettre sur quai pour dépeçage. Le projet, évalué à un peu plus de 4,7 milliards de francs, est exécuté par une firme italienne.

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