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Frais de scolarité : la surenchère permanente

24 heures
Jeanine FANKAM | 08-06-2018 11:16

Les faits

 Dans l’enseignement privé, les montants augmentent chaque année. En plus d’autres paiements plus ou moins illégaux.

Un parent du collège Jean Tabi se lâche après un grand soupir: « La pression exercée par l’établissement est infernale, impossible de l’éviter. Tout commence par les frais de construction qu’on impose : 30 000F par enfant et par an. Qui décide de ce montant ? Mystère.

Ces frais obligatoires n’ont rien à voir avec les frais de scolarité », regrette-t-il. Josiane Tiama, parent d’élève n’en souffre pas moins. Elle brandit un sms du collège reçu le 27 avril dernier la sommant de venir garantir la place de son enfant avant la mi-mai.

Le montant de cette préinscription varie d’un établissement à l’autre. Au collège Vogt, il est de 25 000F. Passée la mi-mai, il y a des pénalités qui vont de 10 000 F à 15 000 F. 

Dans la plupart des établissements confessionnels à la réputation établie, la première tranche de la scolarité est réglée en pleines vacances, entre juin et juillet. Le montant à payer pour cette tranche avoisine la centaine de mille par élève. Ici, même si le moratoire est possible, la place de l’enfant est en jeu.

L’informatisation facilitant tout, la place est systématiquement perdue dès l’atteinte de la date limite. Le moratoire, pour ceux qui le sollicitent, est une autre épreuve de nerfs, du fait qu’il ne peut être accordé que par le principal.

Les parents décrient aussi l’augmentation subtile et régulière des frais scolaires, variant entre 2 500 F à 50 000 F, selon les établissements. « Les parents ne sont pas impliqués dans l’élaboration de la politique de l’établissement. Ils signent seulement un contrat au moment de l’inscription qui représente un engagement à respecter », déplore un parent.

Ce dernier dénonce par ailleurs l’instauration des cours de soutien obligatoires et payants, la vente des effets scolaires à l’établissement malgré l’interdiction par le ministre du Commerce. A prendre ou à laisser ! Les parents, obnubilés  par le succès de ces établissements subissent en silence ces chantages psychologiques et ces pressions pécuniaires.

Les collèges privés sont-ils devenus des comptoirs à la recherche des gains? « Non », répond le conseiller pédagogique du collège de La Retraite. « Les charges sont trop lourdes. Les nouvelles séries comme la technologie de l’information et les sciences économiques demandent des équipements subséquents », se défend-t-il.

Il parle de trois millions de F de facture d’eau et d’électricité à payer par mois, de centaines de rames de papier pour la confection des sujets d’une population de 3 500 élèves, la charge salariale, etc.

« La subvention annuelle de 1,5 million de F que le collège Vogt reçoit de l’Etat ne représente même pas les dépenses journalières du collège », argumente Yangben Mouzong, responsable pédagogique dudit collège qui ajoute :

« Notre institution est une entreprise qui fonctionne à plein temps. La préinscription est juste une anticipation de paiement qui nous permet de nous assurer de nos effectifs longtemps avant la rentrée et de lancer l’année scolaire le premier jour. Mais bien avant, il y a une batterie de dépenses à honorer, gage de notre succès. ».

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