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Axe Yaoundé-Bafoussam:31 morts dans un accident

Societe
Monica NKODO | 09-07-2018 07:45

 Vendredi au petit matin, un car de transport a quitté la route pour finir sa course au bas d’un pont situé au village Boutourou I, dans le Mbam-et-Inoubou.

L’image est insoutenable. Vers 16h30 vendredi dernier, cinq pick-up de la Gendarmerie nationale chargés de dépouilles à l’arrière, font leur entrée dans la cour de l’ancienne morgue de l’Hôpital central de Yaoundé. Un décompte macabre fait par les gendarmes et le personnel de l’Hôpital commence alors. 28 morts sont dénombrés. Les trois autres personnes décédées n’ont pas été transportées à Yaoundé. « Deux autres [ont été] identifiés et retirés à Ndikinimeki par les familles sur ordre du Procureur de la République de Bafia, et le corps d’un enfant ayant succombé à ses blessures au Centre de santé de la même localité », comme le confirme un communiqué du gouverneur de la région du Centre.
Vendredi, cinq personnes étaient encore non identifiées. Un bandeau rose attaché à leur poignet les distingue. A l’extérieur, suspendus aux grilles, les proches des victimes ne peuvent retenir leurs larmes. Ils laissent échapper leur douleur dans des cris et des pleurs déchirants. Ce vendredi 6 juillet sera à jamais gravé dans leur mémoire. Certains sont là depuis plusieurs heures, depuis l’instant où ils ont eu vent de l’horreur. Deux jeunes hommes, la vingtaine, disent avoir perdu cinq membres de leur famille dans ce car de la mort. « Trois grands frères et deux sœurs. Ils se rendaient à Mbouda pour une réunion de famille. Nous les avons accompagnés hier (jeudi soir) à l’agence Takala sis au Carrefour Carrière (Ndlr : à Yaoundé). Leur car est parti vers minuit », explique l’un d’eux, d’un ton faible et ahuri.
Cet accident violent, survenu entre 3h30 et 4h du matin au village Boutourou I dans l’arrondissement de Ndikinimeki, dans le Mbam-et-Inoubou a donc pour l’heure, arraché la vie de 31 personnes. Parmi les spectateurs de ce triste ballet d’accidentés sans vie, plusieurs autorités, comme le gouverneur de la région du Centre, Naseri Paul Bea, le Préfet du Mfoundi, Jean Claude Tsila, le Secrétaire d’Etat à la Défense chargé la Gendarmerie nationale, Etoga Gallax Yves Landry, le Délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguele. L’heure est grave. Le bilan de cet accident aussi.
Les circonstances du drame
Il est difficile d’affirmer avec exactitude les causes de cet accident. D’après l’adjudant-chef Paul Olomo, Commandant par intérim du Peloton routier de Bafia, deux hypothèses sont avancées. La plus plausible étant un excès de vitesse auquel s’ajoute le fait que le chauffeur se serait endormi au volant. Le drame est arrivé au village Boutourou I, au niveau du pont sur la rivière Mana. Le car du Groupe Takala (une compagnie clandestine, si l’on en croit le communiqué du gouverneur) avec à son bord 35 passagers, a quitté la route, a survolé la rivière et a fini sa course en butant contre le bas du pont en béton armé. « L’accident s’est probablement passé aux environs de 3h30 du matin dans la nuit de jeudi à vendredi. C’est un riverain qui allait au champ à 6h du matin qui a découvert le car en contrebas. Il nous a tout de suite alertés, ainsi que d’autres habitants du village. Sept personnes avaient été secourues par les riverains à notre arrivée. Trois d’entre elles sont décédées à l’Hôpital », souligne le commandant du peloton routier de Bafia. Il regrette d’ailleurs la découverte tardive du véhicule accidenté. « Beaucoup ont succombé à leurs blessures à cause d’une prise en charge tardive. Puisque le car est tombé dans un ravin, les autres véhicules ne pouvaient pas le voir », a-t-il confié. L’enquête se poursuit, et les gendarmes espèrent avoir un peu plus de détails avec l’aide des survivants.

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