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Multiculturalisme: notre atout maître

Politique
Jean Francis BELIBI | 27-01-2017 13:18

 La diversité linguistique et culturelle du Cameroun apparaît plus que jamais comme une opportunité pour son développement.

«  Les gens se demandent pourquoi ce décret qui essaye de repenser notre façon de vivre ensemble.  Je crois que le président de la République, au-delà de sa fonction de chef de l’Etat qui a la responsabilité de la cohésion nationale, a le souci de l’avenir. Il doit être au-dessus de toutes les considérations partisanes ou émotionnelles du moment. Ce décret permettra dans l’avenir à tous les Camerounais, de trouver le moyen de s’exprimer valablement et dans les deux langues. C’est ça qui demeure la force du Cameroun dans le monde entier. Je suis sûr que dans les années à venir, ce décret permettra à nos enfants de prendre le problème à bras le corps pour que les Camerounais soient en harmonie avec les institutions de la République. En tant que chef traditionnel, dans le cadre de nos travaux, nous sommes en train d’élaborer un Code coutumier qui sera en français et en anglais. Ce Code nous permettra de faire la valorisation globale de toutes les tribus qui existent au Cameroun, aussi bien dans la partie francophone que dans la partie anglophone. Dans ce Code, chaque tribu du Cameroun aura sa place. Le décret du chef de l’Etat fera date dans l’histoire du Cameroun et de l’Afrique ».

 

Ils ont dit

 

S.M. Alim Garga Hayatou: «Le chef de l’Etat a le souci de l’avenir»

Lamido de Garoua, président du Conseil national des chefs traditionnels du Cameroun

«  Les gens se demandent pourquoi ce décret qui essaye de repenser notre façon de vivre ensemble.  Je crois que le président de la République, au-delà de sa fonction de chef de l’Etat qui a la responsabilité de la cohésion nationale, a le souci de l’avenir. Il doit être au-dessus de toutes les considérations partisanes ou émotionnelles du moment. Ce décret permettra dans l’avenir à tous les Camerounais, de trouver le moyen de s’exprimer valablement et dans les deux langues. C’est ça qui demeure la force du Cameroun dans le monde entier. Je suis sûr que dans les années à venir, ce décret permettra à nos enfants de prendre le problème à bras le corps pour que les Camerounais soient en harmonie avec les institutions de la République. En tant que chef traditionnel, dans le cadre de nos travaux, nous sommes en train d’élaborer un Code coutumier qui sera en français et en anglais. Ce Code nous permettra de faire la valorisation globale de toutes les tribus qui existent au Cameroun, aussi bien dans la partie francophone que dans la partie anglophone. Dans ce Code, chaque tribu du Cameroun aura sa place. Le décret du chef de l’Etat fera date dans l’histoire du Cameroun et de l’Afrique ».

 

Yérima Bakary Bouba Alioum: « Une richesse que l’on nous envie »

Lamido de Maroua

« Le Cameroun est un pays unitaire décentralisé et indivisible. La diversité dont nous jouissons au niveau des ressources tant humaines que matérielles est un atout indéniable. D’autres nations nous envient pour ça. C’est pourquoi nous devons plutôt mettre à profit les diversités ethniques, sociologiques, linguistiques… pour être toujours un modèle en Afrique et pourquoi pas dans le monde. C’est pourquoi je salue fortement la création de cette commission par le chef de l’Etat. Les Camerounais doivent comprendre que le bilinguisme et le multiculturalisme, bien compris et bien pratiqués, sont des sources de cohésion sociale et des facteurs favorables pour le développement. Dans le multiculturalisme nous pouvons partager beaucoup d’expériences qui peuvent nous aider à résoudre nos problèmes au quotidien. Le bilinguisme, c’est-à-dire la pratique de l’anglais et du français ne peut être que bien ».

 

Belaka Saliou Saoumboum de Ngan-ha (Adamaoua):  « On peut promouvoir le multiculturalisme grâce au festival »

« Nous sommes honorés par la démarche du chef de l’Etat. La décision qu’il vient de prendre au sujet de la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme nous conforte dans ce que nous faisons depuis peu. En effet, depuis quelques années déjà, nous avions ici même à Ngan-ha dans la région de l’Adamaoua mis sur pieds un festival culturel dénommé : « Mgbor Yanga ». Ce grand moment culturel permet de préserver et promouvoir les us et coutumes. En même temps que la culture, grâce au véhicule de la langue Mboum dont je suis chef traditionnel. Car en même temps que les écoles enseignent nos deux langues officielles (français et anglais), nous avons pris le relais de promouvoir notre langue Mboum avec tous les symboles de la tradition. Ce qui permet aux jeunes d’être intégrés à la culture locale. »

 

Gilbert Tsimi Evouna: « Il est nécessaire d’associer tout le monde »

Délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé

« L’initiative du chef de l’État est à saluer.  Dans une grande ville comme Yaoundé, par exemple, il est nécessaire d’associer tout le monde. Dans la ville, il n’y a pas que les anglophones ; il y a aussi les gens originaires du grand Nord, de l’Ouest, du Centre, entre autres. J’ai d’ailleurs prévu une rencontre avec les grandes communautés de l’Ouest. C’est à nous d’attirer tous ces gens, pour montrer que nous sommes un, en les amenant à apporter leur contribution dans le vivre-ensemble. » 

 

Elhadj Jaji Manu Gidado: “Commission Will Promote National Unity”

National President Mbororo Social, Cultural and Development Association (MBOSCUDA)

“I think the creation of the Commission on the Promotion of Bilingualism and Multiculturalism by the Head of State is a very positive move. It is a right step in the right direction because in his end-of-year address on December 31, he announced the creation of an entity that will cater for the different problems posed by the different socio-political segments of the society. The Commission will go further to promote national unity among over 250 ethnic groups that we have in Cameroon. Cameroon is very diversified in terms of ethnicity and so far we have had unity in this diversity which makes Cameroon special. Just the fact that we have two bi-cultural segments that is Anglophones and Francophones makes Cameroon very specific in the world compared to only Canada that also has English and French as official languages”.

 

S.M. Pelé Njitack Ngompe: « Nous devons rester ouverts aux autres »

Chef supérieur Bafoussam

« Au Cameroun il existe plus de 250 tribus dont chacune se revendique d’une identité culturelle qu’il faille apporter comme contribution à la culture camerounaise en général. Elle doit donc être capitalisée à travers l’acceptation de l’autre et un échange avec les autres peuples dans un climat de paix et d’harmonie. Comme vous le savez, Bafoussam est une capitale régionale qui regroupe aujourd’hui les populations venant de partout à travers le Cameroun. Nous cohabitons pacifiquement. Tout est mis en œuvre pour qu’elles se sentent pleinement intégrées et soient à l’aise. Et je pense que c’est la clé pour un vivre-ensemble efficace. Nous devons rester ouverts aux autres communautés, les intégrer, rester hospitaliers, vivre en symbiose avec ces gens, avec leurs us et coutumes et les encourager à apporter autant que possible leur contribution au rayonnement de leur lieu de résidence. »

 

Prof. Emmanuel Yenshu Vubo: “Our Diversity Should Be Well Managed”

Political Sociologist, University of Buea

«I will first of all say that it is a welcome measure to have created the National Commission on the Promotion of Bilingualism and Multiculturalism after haven announced it on December 31, 2016. I have always indicated that the diversity we have should be managed because no country in the world does not manage its diversity and I gave examples like Canada, Belgium, and Switzerland which have the same type of peculiarities that we have. In other countries the diversity is different; it does not have an official linguistic privilege like we have in Cameroon. When you don’t manage it, you can have open confrontations between communities. No country in the world now is actually homogenous so the recognition of diversity and multiculturalism is part of the ongoing trends that we have».

 

S.M. Aïba Ngari: « Bertoua est accueillante »

Chef de canton Gbaya, Bertoua

« Le peuple Gbaya, autochtone de Bertoua, est ouvert aux autres peuples du Cameroun et d’autres nations. La ville de Mbartoua est le symbole d’intégration nationale et même sous régionale parce que les autres peuples venus du pays et d’autres Etats voisins ou lointains, y vivent en paix, sans couacs majeurs. Ceci grâce au sens d’accueil et de fraternité des autochtones, qui sont accueillants, ouverts dans la majorité. Mbartoua, chef-lieu de la région de l’Est, c’est donc le brassage de la diversité culturelle ; et ça ne cause pas un problème de cohabitation quelconque, bien au contraire, c’est un facteur important de la cohésion sociale. Avec la création de la Commission nationale de la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, notre canton servira de rempart et de ferment pour cet idéal que promeut le chef de l’Etat, S.E. M. Paul Biya. En tout cas, à notre niveau, nous œuvrerons dans ce sens pour que le Cameroun soit une nation forte, fière de sa diversité culturelle».

 

S.M. Guy Bertrand Momo Soffack: « Un élément de rassemblement »

Chef supérieur Foto

« Au moment où le Cameroun est un peuple diversifié sur le plan culturel, au lieu d’être un inconvénient, ça devrait plutôt constituer un avantage. A travers les différents festivals culturels qu’on organise de part et d’autre dans les différentes localités, l’on promeut ce que chaque peuple a comme coutume, comme manière de vivre. Nous pensons que le développement d’une nation ne peut se faire que lorsqu’on intègre les réalités sociologiques de chaque communauté. Le Cameroun traverse actuellement une période difficile de son histoire et il est important pour ses fils de se retrouver autour d’un élément qui les rassemble, leur diversité culturelle, pour avancer et s’élever au-dessus de certaines divergences qui ne doivent pas changer les fondamentaux de notre société et de notre nation ».

 

Chief Ndive Maliva Samuel: “Select People From All Over”

Masengi village

“We came with a memorandum for the Head of State concerning the decree he signed creating a National Commission for Bilingualism and Multiculturalism because we want peace. We want things to return to normal. Our children are not going to school. Everybody is blocked. So we came to make people understand that we are not happy and as custodians of tradition, we want that members of the commission to be selected from across the board not only the people in high places. It should be a mixture of all calibers of people, even some chiefs”.
Propos recueillis par Rousseau Joël FOUTE, Jeanine FANKAM, Roland MBONTEH, Joël MAMAN, Alain MAZDA, Gibrile KENFACK TSABDO, Pierre CHEMETE, Fred VUBEM TOH

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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