Biens culturels illégalement exportés : le PM prescrit l’élaboration d’une stratégie de rapatriement

Le communiqué de presse rendu public à l’issue du Conseil de cabinet du mois de mai tenu avant-hier.

Le Premier ministre, chef du gouvernement, Son Excellence Joseph Dion Ngute, a présidé le mercredi 25 mai 2022 dès 10 heures à l'Auditorium de ses Services, un conseil de Cabinet auquel ont pris part les ministres d'Etat, les ministres, les ministres délégués et les secrétaires d'Etat.  
L'ordre du jour comportait les principaux points ci-après :
1.    l'exposé du ministre des Arts et de la Culture sur « le processus de rapatriement des objets d'art camerounais exposés à I 'étranger et les avancées enregistrées dans la procédure d’inscription de certains évènements culturels locaux sur la liste des patrimoines mondiaux immatériels » ; 
2.    la présentation du ministre des Forêts et de la Faune sur « les enjeux, les défis et les perspectives de l'arrimage de la gestion forestière et faunique aux exigences du patrimoine mondial » ;
3.    l'exposé du ministre de la Santé publique sur « l'état de la riposte contre la pandémie du Covid-19 et l'épidémie de choléra».
Au terme de la communication introductive du chef du gouvernement, le ministre des Arts et de la Culture s'est, dans un premier temps, appesanti sur la problématique de la restitution des objets d'art camerounais exportés pendant la période coloniale, qu'il a présentée comme un enjeu juridique et éthique important des relations internationales. Il a notamment fait savoir que l’Etat enregistre des requêtes permanentes des communautés, des artistes et des associations qui revendiquent le retour de leurs biens culturels, parmi lesquels l'on pourrait évoquer sans être exhaustif, les objets des communautés Tibati et Mabi, le Tangue ou bec naval de Lock Priso ainsi que les reliques patrimoniales Nso, connus sous le nom de « Ngon so ». A cet effet, des actions ont été initiées à l'attention des pays d'accueil afin de parvenir à des solutions consensuelles. Ainsi, un accord de principe a été donné par une structure détentrice de ces objets d’art pour leur restitution. Certaines institutions étrangères ont choisi d’organiser des concertations avec les communautés locales revendicatrices, dans l’optique de clarifier des questions préalables. En tout état de cause, un Comité interministériel a été mis en place au sein du Ministère en charge de la Culture pour coordonner et parachever les démarches en cours.
Evoquant ensuite la question de l'inscription de certains évènements culturels locaux sur la Liste représentative du Patrimoine culturel de l'Humanité ou la Liste de sauvegarde urgente du Patrimoine culturel immatériel de l'Humanité, le ministre chargé de la Culture a décliné la procédure qui gouverne cette opération de reconnaissance de la valeur et de l’intérêt exceptionnels de certains lieux ainsi que des biens culturels et naturels. Il a fait savoir que le Cameroun a actuellement trois biens en cours d'inscription. Il s'agit d'abord du Nguon, un évènement de l'aire culturelle Grassfield, dont le dossier technique a été finalisé puis transmis aux instances compétentes avant la date butoir qui était fixée au 31 mars 2022. Ensuite, le Ngondo, présenté comme le culte des oracles de l’eau dans la culture Sawa, est tributaire de diligences techniques complémentaires qui permettront d'affiner le formulaire d'inscription. Enfin, le Mvet qui est un élément de l’aire traditionnelle Fang Beti, fera l’objet d’une candidature multinationale impliquant également le Gabon et la Guinée équatoriale. Des actions préliminaires sont menées sur le territoire camerounais en vue d’identifier des éléments substantiels qui seront mis en cohérence avec ceux préconisés par les deux pays voisins concernés.
Prenant la parole à son tour, le ministre des Forêts et de la Faune a souligné que la Valeur universelle exceptionnelle qui est reconnue à certains biens repose sur trois critères essentiels que sont l'intégrité, l'authenticité ainsi que la protection qui implique une gestion adéquate. Il a distingué d'une part la Liste du Patrimoine Mondial où le Cameroun dispose de deux biens naturels inscrits, à savoir la Réserve de Faune du Dja et le Parc National de la Lobéké. Ce dernier fait partie du Tri-National de la Sangha, qui est un bien transfrontalier dont la superficie s'étend sur le territoire du Congo et celui de la République centrafricaine. D'autre part, le ministre a évoqué la Liste indicative qui répertorie des sites culturels et naturels possédant potentiellement une Valeur Universelle Exceptionnelle, lesquels sont susceptibles d'être proposés sur la Liste du Patrimoine Mondial. Dans ce registre, le Cameroun dispose de 18 biens dont 11 culturels, 5 naturels et 2 mixtes. Il a été indiqué que le ministère des Forêts et de la Faune est le principal gestionnaire des sites naturels au nombre desquels figurent, entre autres, les Parcs nationaux de Campo-Ma'an, de Bouba Ndjidda et de Waza.
Les défis du Cameroun portent sur la mise en œuvre satisfaisante des recommandations formulées à son attention par le Comité du Patrimoine Mondial, dans l'optique de dissiper les pr&eacu...

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