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Approvisionnement en eau: le projet Sanaga est amorcé

Economie
Félicité BAHANE N. | 14-04-2017 12:46

Le MINEE était en visite de chantier hier à Batchenga, où des travaux préliminaires sont déjà lancés.

Ambiance de chantier hier au bord du fleuve Sanaga, du côté de Nachtigal vers Batchenga. A un jet de pierre du cours d’eau, un vaste espace d’environ 1000 m² est couvert de béton. En surface, sera incessamment construite la station de captage et de pompage d’eau brute, d’une capacité de 315 m3/jour. Autour de cette plateforme bétonnée, des engins de génie civil effectuent diverses manœuvres de remblai et de nivellement du sol. La poussière qui monte se mêle au bruit assourdissant des véhicules. L’arrivée sur le site du ministre de l’Eau et de l’Energie (MINEE) a à peine ralenti les travaux. Après un rapide tour du propriétaire, Basile Atangana Kouna et sa suite sont allés apprécier l’état d’avancement de la station de traitement d’eau, également en chantier à quelques kilomètres du bord de fleuve. Sur ce second site, les travaux de déblai sont également achevés, de même que l’ouverture de la voie de desserte. Un peu plus loin, la base vie de l’entreprise chinoise SINOMACH est achevée et habitée. C’est d’ailleurs à cet endroit qu’un débriefing s’est tenu, entre le MINEE, l’entreprise et la direction du Projet d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga (PAEPYS).
Les délais contractuels de ce vaste projet de 36 mois (trois ans) courent depuis janvier 2017. C’est dire qu’au 1er janvier 2020, Yaoundé et ses environs devraient recevoir de la Sanaga, un supplément de 300 000 m3 d’eau par jour, extensible à 400 000 m3/j. En plus des productions d’Akomnyada sur le Nyong et de Nkolbisson sur le Mefou, l’offre en eau sera supérieure à la demande pendant un certain temps.
A propos du PAEPYS, en plus des usines de captage et de traitement, il comporte également deux stations de reprise d’eau traitée. Une première à Nkometou III, d’une capacité de refoulement de 285 000 m3/j et la seconde à Nyom II à l’entrée de Yaoundé, d’une capacité de refoulement de 275 000 m3/j. Une ligne de transport d’énergie électrique et un poste de transformation d’énergie sont également prévus, entre autres. Les sites de construction de chacune des composantes sont connus et matérialisés. Certains équipements y sont d’ailleurs déjà installés. Il ne reste plus qu’à indemniser les riverains afin qu’ils libèrent les emprises des travaux. Le coût du PAEPYS est estimé à environ 400 milliards de F, financé par Eximbank de Chine à 85% et l’Etat du Cameroun à hauteur de 15% de l’enveloppe globale. Au terme de la visite des différentes composantes du chantier, Basile Atangana Kouna s’est dit satisfait de constater que le démarrage des travaux de ce projet des Grandes réalisations est une réalité et que ces travaux vont prendre de plus en plus d’ampleur dans les prochains jours.


Interview

Dieudonné Omballa: « Les délais ne souffrent d’aucun retard »

Directeur du projet Sanaga.

On a l’impression que le projet Sanaga peine à décoller. Qu’est-ce qui fait problème ?
Le projet Sanaga a effectivement démarré depuis janvier 2017. L’entreprise est installée sur le site où les travaux ont commencé. Evidemment, on a commencé par des préliminaires, dont l’ouverture de la voie d’accès. La phase II va démarrer incessamment avec le gros œuvre. Le calendrier des opérations est tout à fait respecté. Nous avons réussi à adosser tout ce qui a été fait par ailleurs par la coopération chinoise à la réglementation camerounaise. Un marché public a pu être signé en octobre 2016, l’ordre de service de démarrage a été déchargé par l’entreprise en fin décembre et depuis janvier 2017, on a amorcé les décomptes des 36 mois de durée des travaux. C’est dire que les délais ne souffrent d’aucun retard.
Quid de la libération des emprises du projet ?
C’est peut-être à ce niveau que nous avons encore un petit problème. Sur quelques sites du projet, notamment au niveau de Nachtigal, certaines populations ont déjà été indemnisées et ont libéré les lieux. Mais l’emprise de la conduite d’eau entre Nachtigal et Yaoundé n’est pas encore totalement libérée. Cependant, les pouvoirs publics font des efforts énormes pour que la libération se fasse avant que nous n’entamions les travaux de fouille pour la pose des équipements. Les travaux de constat et d’évaluation des biens sont entièrement réalisés et le dossier de classement et d’indemnisation a été transmis à la primature depuis fin mars dernier. L’aspect ligne électrique est également en cours de traitement.
Concrètement, que prévoit la suite des travaux ?
Il faut passer aux grands travaux de construction. Il y a des matériaux qui vont arriver et qu’il faudra réceptionner au niveau du port de Douala. L’entreprise est en train de s’organiser avec ses différents partenaires pour que le gros des travaux commence sans délais. Dans la foulée, on salue les travaux de densification et le renforcement du réseau de desserte en cours à Yaoundé. Il est en effet très important que la Camwater s’apprête à recevoir le flux qui viendra de la Sanaga pour que les populations n’aient plus à souffrir des délestages d’eau.

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