Responsive image

Parlement des enfants: la nouvelle donne

24 heures
Yvette MBASSI-BIKELE | 18-04-2017 11:02

La sélection des députés juniors démarre ce jour dans les régions sur la base d’un processus équitable et transparent.

C’est aujourd’hui que démarre le processus de sélection de 180 députés juniors et leurs suppléants dans les dix régions du pays, en vue de la tenue prochaine de la 19e édition du Parlement des enfants. L’institution qui connaît une refondation cette année, sous l’égide du ministère des Affaires sociales, participe à l'acquisition des compétences sociales et civiques du socle commun de compétences et de connaissances. Cette opération s'adresse aux enfants de 9 à 17 ans et prévoit l’implication des différentes catégories d’enfants : scolaires et non scolaires, handicapés (moteurs, aveugles, sourds-muets, albinos) et issus des populations marginales. Dans cette perspective, le processus qui se veut plus que jamais transparent se déroulera selon des règles bien définies.
Ainsi, pour le système scolaire classique, les députés juniors seront élus parmi les meilleurs élèves, notamment les cinq premiers de chaque classe, au sein des établissements publics ou privés, primaires (CMI) ou secondaires général (classes de 6ème, 5ème, 4ème, 2nde) et technique (1ère, 2ème, 3ème années et 2nde). S’agissant du système non classique, ils sont choisis parmi les meilleurs des centres sociaux, des centres multifonctionnels de promotion des jeunes, des centres de promotion de la femme et de la famille, des SAR/SM, des institutions publiques ou privées d’encadrement des enfants (orphelinats, œuvres sociales privées…). De ce fait, le dossier du député junior sélectionné devra comprendre les copies de ses  bulletins de notes des deux derniers trimestres de l’année scolaire 2015/2016, et du premier trimestre de l’année 2016/2017.
Pour des raisons de justice sociale et d’équité, un même enfant ne saurait être retenu pour deux sessions successives du Parlement des enfants. Aussi, un écart d’au moins trois années doit-il être observé. Pareillement, un même établissement scolaire ne devrait pas présenter de candidat à deux sessions successives du Parlement des enfants. Un écart d’au moins deux années sera respecté. L’élection des députés juniors se fait par leurs pairs sur la base d’un vote secret ou à main levée, à la majorité simple des voix exprimées et sur la déclaration de candidature de l’enfant à élire lui-même. Chaque candidat retenu bat campagne sur sa capacité à représenter valablement  ses camarades en proposant une question adressée à un membre du gouvernement et une suggestion de réponse à cette dernière. En cas d’égalité des voix, est déclaré gagnant et député titulaire, celui qui a élaboré la meilleure question et fait une proposition de réponse pertinente.  Chaque titulaire a un  suppléant : le candidat perdant le mieux classé. Ce dernier ne prend part à la session qu’en cas d’indisponibilité constatée du titulaire (maladie, accident, etc.).
Pendant leur séjour à Yaoundé et en attendant la session plénière, les députés juniors se livrent à des activités éducatives, ludiques  et socioculturelles, sous l’encadrement de professionnels, notamment des experts et professionnels des questions civiques et patriotiques, ainsi que ceux des TIC.
 

L'explication

Pauline Irène Nguene: « Plusieurs actions peuvent être mises à l’actif des députés juniors »

 Le ministre des Affaires sociales.

Madame le ministre, la 19ème édition du Parlement des enfants va se tenir bientôt. Quel bilan faites-vous du chemin parcouru ?
Avant d’entrer dans le vif du sujet, permettez-moi d’emblée de relever que la protection et la promotion des droits de l’enfant constituent une priorité de l’action gouvernementale. Cette stratégie  s’est manifestée notamment par la ratification de la quasi-totalité des instruments juridiques internationaux de promotion et de protection des droits de l’enfant et la mise en place d’un cadre institutionnel adéquat. L’objectif général du Parlement des enfants est d’offrir aux enfants, sur un mode volontariste, un cadre approprié leur permettant d’assurer l’exercice de leurs droits à l’expression et à la participation.  A cet effet, il est important d’indiquer qu’une vingtaine d’années après, plusieurs actions peuvent être mises à l’actif des questions posées par les « députés juniors » dans le cadre des sessions du Parlement des enfants. On  peut citer dans ce cadre, sans être exhaustif : la circulaire n°057/05/MINESEC/SG/DSSAPPS du 25 avril 2005, portant organisation de la police sanitaire dans les établissements scolaires publics et privés, qui pourrait répondre à la question d’un député junior adressée en 2000 au ministre de la Santé publique, sur la façon de lutter contre la présence de la drogue et du VIH/SIDA dans les établissements scolaires ; la circulaire n°38/B1/1464 du 8 décembre 2000, relative à la lutte contre la violence au sein des établissements scolaires, qui semble répondre à une question formulée lors de la session 1998 du Parlement des enfants, adressée aux ministres de la Justice et de l’Éducation nationale, relative aux châtiments corporels dans les établissements scolaires ; la circulaire n°24/05 /MINESEC/ SG/IGE/OBC/D/DIVEX du 11 octobre 2005 et portant sur l’organisation des examens pour les candidats déficients visuels et auditifs, qui est une réponse à la résolution du Parlement des enfants lors de la session de 2007 sur les enfants handicapés auditifs, pour ne citer que ces  exemples là.
Au bout de 19 ans, l’instance fait face à de nouveaux défis, peut-être même plus importants que par le passé. Et vous annoncez un nouveau départ. Que doit en attendre l’enfant camerounais ?
Le Parlement des enfants a toujours été une activité connexe de la Journée de l’Enfant africain. C'est-à-dire qu’il a jusque là été porté par le thème retenu par l’Union Africaine pour la célébration de la Journée de l’Enfant africain (JAE) le 16 juin de chaque année, au point de finir par se confondre à cette journée. Pour essayer de rompre avec ces idées préconçues, et donner un nouvel élan au Parlement des enfants, afin d’identifier les bonnes pratiques qu’il faut pérenniser, les contraintes ou difficultés auxquelles il faudra apporter des solutions, dans la perspective d’une amélioration de tout le processus, cette assise a connu la participation active de plusieurs administrations et structures en charge de la protection et la promotion des droits de l’Enfant. Au terme de cette session, il a été recommandé principalement : de faire une distinction claire entre les activités du Parlement et ceux de la JEA. A cet effet, le thème retenu pour la 19ème session est : « Culture de l’esprit patriotique et maitrise de la ruée  des jeunes vers  les Technologies de l’Information et de la Communication : un défi permanent et une responsabilité collective ». L’objectif général visé par cette session est de renforcer la culture de l’esprit patriotique chez les enfants et les jeunes, dans un monde marqué par les technologies de l’information et de la communication.
L’objectif principal du Parlement des enfants est d’assurer la participation de ces derniers à la gestion des questions les concernant. Quelles sont les mesures prises pour que cette institution ne soit pas un machin, une distraction qui ne dit pas son nom ?
Nous sommes au courant que des voix s’élèvent y compris au sein des institutions engagées à divers degrés dans le mécanisme du Parlement des enfants, et émettent des doutes quant à son utilité et sa pertinence. Pour certains, le Parlement des enfants serait une manifestation folklorique relevant d’une théâtralisation sur le processus de sélection des députés juniors.
Toutefois, l’impact est visible sur le plan réglementaire à travers les différentes lettres circulaires au sein du gouvernement, faisant l’objet de la protection et la promotion des droits de l’Enfant.

 

Partagez cet article :

0 0 0 0
Loading...

Autres articles que vous aimerez lire...

0 commentaire(s)

Laissez un commentaire

Vous devez être connecté pour commenter