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Hémodialyse: comment la prise en charge s’ajuste

24 heures
Alfred MVOGO BIYECK | 04-07-2017 17:23

La solidarité est mise en place, afin de faire face aux perturbations dans l’approvisionnement en composants de kits de dialyse.

Le ministre de la Santé publique (MINSANTE), André Mama Fouda, a publié vendredi dernier un communiqué dans lequel il rassure les malades souffrant d’une insuffisance rénale chronique, que malgré des difficultés dans la chaîne d’approvisionnement des composants de kits de dialyse ayant conduit à des perturbations dans la fréquence des soins dans les centres d’hémodialyse, des dispositions sont d’ores et déjà prises par les pouvoirs publics pour rétablir, à brève échéance, le fonctionnement normal des centres d’hémodialyse concernés. En même temps, il a prescrit des mouvements de cession des composants entre les centres d’hémodialyse permettant de faire bénéficier à chaque malade d’au moins une séance de dialyse par semaine.
Au Centre hospitalier et universitaire (CHU) de Yaoundé hier matin, les personnels en charge du service de la dialyse sont à leur poste. Dans le couloir qui y mène, des malades sont assis et attendent patiemment leur tour. Dans une salle, une infirmière a déjà installé trois malades pour leur dialyse. A notre arrivée sur les lieux, deux sont déjà pris en charge et elle s’occupe du troisième. « Je suis là ce matin pour ma dialyse et j’attends mon tour », nous raconte l’un des patients. Un autre ne semble même pas au courant de la situation de perturbation de ces derniers jours. Comme quoi,  au CHU, la situation pour le moment est sous contrôle.
A l’Hôpital général de Yaoundé, par contre, le directeur général, le Pr Elie Claude Ndam Njitoyap, reconnaît quelques difficultés. Son hôpital disposait de 5 000 kits. 3 000 ont été, selon les mouvements de cession prescrits par le ministre de la Santé publique, et par souci de solidarité, remis à d’autres centres d’hémodialyse, dont 1 850 à Douala. La priorité est donc donnée à l’Hôpital général aux malades souffrant d’insuffisance rénale aigue, selon une  néphrologue, le Pr Gloria E. Ashuntantang. Ceux souffrant d’insuffisance chronique étant appelés à faire attention à leur hygiène de vie en ce moment. Reste que l’Hôpital général dispose cependant d’un certain nombre de kits, pour parer à toute éventualité. Ici, les malades rencontrés parlent pour certains d’absence de consommables, de machines en panne, tandis que d’autres mettent l’accent sur la communication du ministre qui leur permet de prendre les dispositions par rapport à leur état de santé, quand ils ne s’attardent pas sur des difficultés financières propres, qui ne sont pas du ressort du gouvernement.                                                            La cote d’alerte est donc loin d’être atteinte et la prise en charge des malades est effective, malgré quelques perturbations.
 

La parole aux acteurs

Pr  Elie Claude  Ndjitoyap Ndam: « Des mesures ont été prises par l’Etat »

Directeur de l’Hôpital général de Yaoundé (HGY).

« Ce qu’il faut savoir, c’est que la dialyse est une option gouvernementale qui fait intervenir un certain nombre d’acteurs dont les hommes, le générateur, l’eau et le consommable.  Depuis le mois d’avril, il y a des difficultés d’approvisionnement en eau. Et pour une séance de dialyse, un patient a besoin de 120 litres d’eau. Mais, pour tous ces besoins, des mesures ont été prises par l’Etat. En termes d’approvisionnement en eau, la zone de Ngousso n’a plus de problèmes de coupures. Quant aux consommables, un payement exceptionnel vient d’être effectué et ils seront acheminés par voie aérienne dans les jours qui viennent ».

 Pr Gloria Ashuntantang: « Les séances de dialyse continuent »

Néphrologue.

 «  Il y a deux types d’insuffisance rénale. Celle qui est chronique concerne les reins qui ne fonctionnent plus  bien et sont irréparables. Dans cette situation, le malade est soumis à vie à la dialyse. Et l’autre type est une insuffisance aigüe. Il s’agit généralement de ceux qui ont été victimes de chocs. Les reins de ces personnes habituellement, récupèrent facilement. Je peux vous rassurer que pour cette catégorie de malades, on continue à les dialyser. Nous avons quelques petites réserves pour ceux-là ».

Atouga Ginette Blandine: « Je contrôle mon alimentation »

Patiente

« Je ne peux pas me faire dialyser car il n’y a pas de consommables. On nous a dit que les médicaments arriveraient incessamment. C’est la raison pour laquelle je suis ici. Je voudrais être présente au  moment où les consommables arriveront. C’est très difficile pour moi mais je dois tenir car je sais que les médicaments sont très chers et pour s’en procurer, ce n’est pas facile. D’ici là, je contrôle mon alimentation ».

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