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Violences faites aux femmes: Quand les faits parlent

Index de l'article
Violences faites aux femmes: Quand les faits parlent
Lorsque l’homme dit « non »
My Husband Ignores His House Duties!
Dot : le droit de brimade ?
Associations Must Intensify Measures Against Violence
Des dispositifs juridiques à étoffer
« Les violences sexuelles sont les plus récurrentes»
Toutes les pages

Le secret pour un bon mariage, recommande le premier, c’est de toujours affirmer son autorité et ne pas hésiter, le cas échéant, à porter la main sur sa future épouse. L’oncle en question est enseignant de lycée, avec un cursus universitaire des plus honorables. Un intellectuel dirait-on. Mais cette philosophie, qu’il confessera avoir tirée lui-même de ses parents, illustre bien la perpétuation d’une pensée en partie héritée de notre matrice traditionaliste, et qui a légitimé les violences faites aux femmes comme règle motrice des relations homme - femme.

Les visages et les degrés d’expression du phénomène varient en fonction des situations et des milieux. Selon que l’on soit dans une relation de couple déjà formelle ou juste en situation de convoitise, que cela se passe en milieu urbain ou en campagne, les noms et les impacts de ces violences peuvent changer. Ici, ça s’appellera rapport sexuel non consentant. Là, harcèlement sexuel. Dans telle autre contrée, ce sera des rites comme l’excision ou le repassage des seins. Ou enfin, purement et simplement des violences exercées physiquement.

Entre les premières poussées féministes à la fin des années 70 et la création d’institutions en charge de la promotion du genre, la société camerounaise a pourtant beaucoup évolué sur la question du statut de la femme. Le système de parité salarial est appliqué – ce qui n’est pas le cas dans de nombreux pays occidentaux-, la scolarisation de la jeune fille a progressé, l’accession à de hautes responsabilités s’est ouverte. Mais ces actions, essentiellement le fait de la volonté politique sous le Renouveau, n’ont pas été suivies de la nécessaire révolution des mentalités. Ce qui fait qu’aujourd’hui, on peut être femme-directeur dans une grande société ou haut cadre d’administration, et être battue dans son foyer.

L’instauration, le 25 novembre, d’une journée internationale pour lutter contre ces violences faites aux femmes a permis de porter le problème au plus haut niveau des instances mondiales. Et la situation de la femme dans un pays est désormais l’un des critères majeurs d’appréciation de ses indices de développement. Et au Cameroun, cette journée est à chaque fois une occasion de plaidoyer et de sensibilisation. Mais les solutions pour éradiquer le mal doivent aller plus loin. Pour les associations de défense des droits de femme, le dispositif de protection judiciaire reste encore trop timoré, et la répression des divers délits commis en la matière, insuffisante. Une étude du Réseau national des tantines (Renata) sur les viols domestiques montre ainsi que moins de 7% des cas aboutissent à un jugement pour à peine 5% de condamnation. De la même manière, la complicité passive des familles sur les violences faites à leurs filles conduit souvent les victimes au repli sur soi, alors même que la thérapie commence par « briser le silence ». C’est dire en la matière, le chemin qu’il faut encore parcourir.

Lorsque l’homme dit « non »

Les femmes estiment que c’est une forme de violence, même si les hommes disent ne pas beaucoup la pratiquer.

«Mon beau-père m’a sévèrement menacé une fois. Donc je n’oserai pas être brutal avec ma femme. N’empêche, j’ai commencé à me fatiguer qu’elle ne demande jamais. Du coup, je lui ai récemment annoncé que si elle ne fait pas le premier pas, elle n’aura plus rien », affirme Christian T., fonctionnaire. Pour ce père de famille, cette façon de faire est plus efficace lorsqu’il n’y a pas de problème dans le couple parce que chacun étant fâché, on ne ressent rien. « Mais quand c’est moi qui suis en état de me faire prier, je ne m’en prive pas. Quand elle tente un appel de balles à l’occasion, je vais réveiller les enfants, quelle que soit l’heure, et je joue avec eux, sentant que ma femme est hors d’elle », raconte Christian T. Pour Gisèle Atah, femme au foyer, c’est l’une des plus grosses peines que son mari puisse lui faire subir. « Après la bastonnade, c’est la chose que je supporte le moins en couple. Etre avec mon mari dans le même lit et ne rien faire alors que je ne suis pas malade, et lui non plus. Ça me diminue dans mon statut de femme et ça donne l’impression qu’il a mieux ailleurs et rien que cette idée peut rendre folle », déclare la quadragénaire.

Pour Marinette Eyinga, commerçante, c’est la frustration qui accompagne ce refus qui est le plus difficile à gérer. « Affronter un refus catégorique quand tu es déjà bien allumée est quasiment humiliant. Sur le coup, tu te demandes toujours si ton gars te voit encore comme une femme et certains hommes en profitent souvent pour nous faire souffrir parce qu’ils savent qu’on ne va pas oser en parler », déplore la jeune femme.

Mais à côté, les hommes ont d’autres devoirs qu’ils refusent d’assumer. « Quand je suis en rogne, j’applique la politique du repas froid. Je ne mange rien de ce qu’elle prépare. Et pour lui faire plus mal, j’achète des trucs que je mange devant elle sans toucher ce qu’elle m’a servi parce que sinon, elle va se faire des idées et créer d’autres problèmes» raconte Christian T. Un coup dur pour beaucoup de femmes qui mettent ce refus dans le cadre de violences psychologiques. « A force de réfléchir sur les raisons qui poussent ton mari à ne pas te toucher ou ne pas manger ta nourriture, tu peux perdre beaucoup de kilos », termine Marinette Eyinga.

Jocelyne NDOUYOU-MOULIOM

My Husband Ignores His House Duties!

Some women suffer from mental and emotional stress from husbands who abandon their duties in the family.

It is not only when women are physically abused and tortured that one can talk about violence inflicted on women. The United Nations defines violence against women as any act that results in or is likely to result in physical, sexual or mental harm or suffering including threats of such acts. One of the many forms of violence against women is that emotional abuse inflicted by an intimate partner whether occurring in public or in private life. Many men have deliberately abandoned their roles as breadwinners of the family no matter the means at their disposal. Reports say, this is one of the mental violence and abuse inflicted on women as it increases the risk of depression, post-traumatic stress disorder, sleep difficulties, eating disorders and emotional distress.

 According to the capitalist or feminist point of view, women will happily assume the role of breeders, housewives and sole providers in the family. In such a context, one will hardly talk about emotional stress being inflicted on a woman when the husband cares little or nothing about the financial expenses at home. However, in our society, it is a kind of psychological torture for any woman whose husband does not care about the wellbeing or day to day running of the family given the fact that men are considered as the head or breadwinners of the family. Some women have come to understand and tolerate situations where their husbands do not have the means to provide for all domestic needs. In such circumstances, one realises that the man either takes care of house rents and school needs of the children, while the wife foots the bill for food expenses or other bills.

However, the attitude of some men toward their family responsibilities has been a sort of violence inflicted on their women. Many women have developed emotional stress and sleeping difficulties as a result of the fact that their husbands abandoned domestic needs to them even when they have no monthly income to cover such expenses. The UN says this is a form of violence inflicted on women.

Some women find it extremely difficult to convince their husbands to help at home. It is very important to get husband to help at home because running a household can be overwhelming. It is especially overwhelming if you have small children who live at home; this is when you especially need to get a husband help at home. Women are often faced with problem of how to get a husband to help at home and not complain. A lot of men feel that is not their responsibility to assist with household duties, when this is the case, it becomes hard to get a husband help at home. This usually ends up stressing the woman.

C’est une conversation un rien banale entre un oncle prodiguant des conseils à son neveu, nouvellement fiancé.

Brenda YUFEH

Bastonnade : les signes avant-coureurs

Coups, mais également humiliations, insultes répétées ou menaces, sont des manifestations graves de violences. Les femmes victimes de ces actes dans la sphère privée comme dans la sphère publique, ont souvent du mal à parler de ce qu’elles vivent. « Par peur, par honte, ou tout simplement parce que personne ne les croit », explique un psychologue. Les maris coupables de violences, en apparence, ont plutôt l’air inoffensif pour l’entourage. En cas de plainte, la femme battue est même réprimandée par ses proches. C’est ce qui est arrivé à Hélène M. Cette jeune femme a trouvé refuge dans un collectif luttant pour les droits des femmes battues.

Elle raconte : « Je me suis mariée je n'avais même pas 15 ans. C'était un mariage arrangé. Je ne voulais pas me marier. C’était le vœu de ma mère. Le jour même du mariage, il m'a battue parce que je ne voulais pas avoir de rapports sexuels. Et les violences ont continué, mais je ne pouvais pas rentrer chez ma mère parce qu’elle ne m’écoute pas quand je lui dis qu’il me bat. » La plupart des témoignages recueillis auprès de victimes de violences conjugales, souhaitant garder l’anonymat, révèlent que les maris violents affichent un comportement paisible, doux et aimant au début du mariage. « Au début, il était gentil. On s'est vite mis ensemble car il était tout seul et moi aussi. Mais très vite, il s'est mis à boire, et les maltraitances ont commencé », explique une victime. Dans d’autres cas, ils en viennent aux mains quelque temps après les noces. « Je me suis mariée à 18 ans. J'ai eu ma première claque deux mois après le mariage car j'ai voulu aller passer un examen et il ne voulait pas. Pour lui, une femme devait rester à la maison », confie une autre.

Et pour prévenir toutes formes de brutalités au sein du mariage ou dans les relations maritales, des spécialistes ont détecté des signes avant-coureurs, pour réduire le taux de mortalité des femmes, dû aux bastonnades. Selon une étude, le sentiment de danger au quotidien, la défense de rendre visite aux membres de la famille, la dévalorisation en public ou en privé, entre autres, sont des signaux d’alarme. Des faits confirmés par le témoignage d’une victime : « Je n’avais plus le droit de me maquiller, il fallait faire les choses comme il voulait, je ne voyais plus ma famille, j'avais peur quand venait le moment où il revenait du travail. » La somme de petites choses apparemment insignifiantes mais qui conduisent souvent à la bastonnade.

Monica NKODO

Dot : le droit de brimade ?

Au terme des réjouissances, certaines femmes dont les époux estiment les avoir « achetées », vivent de véritables cauchemars dans leurs foyers.

Difficile de se marier en Afrique en général et au Cameroun en particulier, sans passer par la dot. Ce rite, autrefois symbolique, est devenu au fil du temps, un moyen pour la belle famille, d’en prendre le plus possible à l’homme qui souhaite épouser leur fille. Dans une quête du plus offrant, c’est le beau fils qui commande des citernes de bière, fait abattre des bœufs et offre une rutilante voiture aux beaux-parents estimés. Cependant, en fermant la porte à un prétendant peu nanti, les géniteurs rejettent également le bonheur de leur fille. Puisque juste après les réjouissances, ces femmes vivent parfois de véritables calvaires.

« Lors de ma dot, ma famille a demandé des biens évalués à près d’un million de Francs. Les parents ont exigé que mon mari verse en plus 500.000 F en espèce. Ce qu’il a fait sans discuter. Je pensais qu’il m’aimait quand il agissait ainsi. Mais après les fêtes, l’homme qui me dorlotait a commencé à me brimer. Il disait qu’il m’avait achetée et donc qu’il avait le droit de me torturer comme il voulait», raconte Véronique T. Cette femme de 38 ans, célibataire actuellement, affirme avoir subi des violences de toutes sortes durant deux ans. Dépassée par les humiliations et les violences conjugales, elle a quitté le foyer.

Comme elle, de nombreuses femmes sont victimes de violences physiques et sexuelles après une dot cher payée. Elles sont battues et insultées à longueur de journée juste parce que le conjoint, en les dotant a dépensé d’importantes sommes d’argent. « La dot est un acte symbolique et non un marchandage. En plus, ces mêmes personnes qui demandent maisons et voitures durant la dot, sont souvent les premières à venir poser un problème à leur gendre. C’est tout cela qui fait en sorte que ces femmes soient brimées après les réjouissances », soutient un observateur.

Elise ZIEMINE

Associations Must Intensify Measures Against Violence

Julie B. 36, is desperate. She is married for the past ten years and has five children. But she intends to leave her husband and go back to her parents in the North West Region. She said she wants to go back because her husband beats her up frequently. “I do everything to serve him but he does not see my efforts. It is better we call it quits,” she said. Martina K. on her part separated after having two kids for the same reason. This is the situation many women face in Cameroon today. Women make tremendous contributions in the society. In spite of that, they are marginalised-especially rural women who are forced to be submissive to men. This marginalisation goes on despite international conventions ratified by government and some laws put in place to protect women. Gender-based violence most easily identified in Cameroon includes battery, forced marriages, sexual harassment, rape, property grabbing, female genital mutilation and harmful widowhood rites.

In recent years, several national and international associations have been working towards the complete elimination of such inhuman practices. In 1997, the World Health Organisation (WHO) issued a joint statement with the United Nations Children Fund (UNICEF) and the United Nations Population Fund (UNFPA) against the practice of FGM. A new statement with a wider UN support was then issued in February 2008 to support increased advocacy for the abandonment of FGM. The 2008 statement documents new evidence collected over the past decade about the practice. It highlights the increased recognition of the human rights and legal dimensions of the problem and provides current data on the frequency and scope of FGM. It also summarises research about why FGM continues, how to stop it and its damaging effects on the health of women, girls and new born babies.

Since 1997, great efforts have been made to counter FGM through research, work within communities and changes in public policy at both international and local levels. In Cameroon, the Association for the Struggle against Violence against Women (ALVF) has as goals to fight interiorisation of patriarchal values that perpetuate violence against women, promote an equitable social state, promote positive human values that take into account differences between both sexes and to participate in the instauration of a non-violent society.

Elizabeth MOSIMA

Des dispositifs juridiques à étoffer

On est passé de l’avant-projet de loi portant prévention et répression des violences faites aux femmes à l’avant-projet de loi portant répression des violences faites aux femmes. Le volet prévention devant faire l’objet de programmes au niveau du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff). Aujourd’hui, « l’option du gouvernement est de faire rentrer cet avant-projet de loi dans le cadre global de la réforme de la législation camerounaise en matière pénale. Le document est en cours de finition au niveau des instances supérieures et pourraient être présenté incessamment», explique Jean Pierre Makang, sous-directeur de la promotion des droits de la famille au Minproff.

En effet, c’est depuis 1997 que le chef de l’Etat camerounais s’est engagé à faire élaborer une loi spécifique pour lutter contre les violences faites aux femmes. A l’époque, le ministère de la Condition féminine commence des études avec des cabinets et partenaires au développement, pour à la fois dégager l’ampleur du phénomène et la typologie des violences au Cameroun. « Ceci nous a amené à avoir un certain nombre d’informations qui faisaient état de ce que la femme, au foyer et en milieu professionnel, fait objet de violences », se souvient Jean Pierre Makang. A l’époque, en 2002 notamment, le ministère a élaboré un avant projet de loi portant prévention et répression des violences faites aux femmes. En décembre 2004, avec la création du ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, le dossier revient et c’est alors que les juristes décident de s’en tenir uniquement qu’aux aspects répressifs. « Nous avons donc retenu l’avant projet de loi portant répression des violences et discriminations fondées sur le sexe. L’originalité ici, c’est qu’on a voulu proposer la répression d’un certain nombre d’incriminations. Par exemple, le harcèlement sexuel qui est venu de manière récurrente, les mutilations génitales féminines et l’entrave à l’éducation de la jeune fille », explique notre source.

Pour ce qui est du code des personnes et de la famille, le texte date de plus de 20 ans. En 2008, il y a eu un débat sur la nécessité d’un code civil camerounais au lieu d’un code des personnes et de la famille. Et l’option du gouvernement, cette fois encore, a été celui d’élaborer un code civil camerounais, qui tienne compte des réalités socio-culturelles du pays dans sa globalité.

Félicité BAHANE N.

« Les violences sexuelles sont les plus récurrentes»

Elise Pierrette Memong Meno Epse Mpoung, co-fondatrice de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF).

Comment fonctionne une association de lutte contre les violences faites aux femmes ?

Notre association travaille sur trois axes. Premièrement, nous faisons du plaidoyer pour l’adoption des lois en faveur de la femme. Et c’est dans cette perspective que nous travaillons beaucoup avec le ministère de tutelle. Le second volet de notre travail, c’est l’encadrement même des femmes victimes de violences. Pour cela, nous avons créé des centres « Vie de femmes », qui sont des espaces d’aide directe aux femmes violentées. On n’y fait pas de l’hébergement, mais de la thérapie et de l’accompagnement. Le troisième axe enfin c’est l’éducation de la population en général, contre les violences faites aux femmes. Pour cela, nous utilisons des espaces comme des fêtes commémoratives dont le 8 mars, les 16 jours d’activisme, pour faire de l’éducation et de la sensibilisation de masse.

Aujourd’hui, lorsqu’on parle de violences faites aux femmes de quoi il en retourne ?

Les violences faites aux femmes restent multiformes. Nous en avons qui sont des violences institutionnelles, où les femmes vivent des discriminations au sein de leur lieu d’emploi. Nous avons des violences interpersonnelles comme dans des couples avec la bastonnade, des violences sexuelles, nous avons du harcèlement sexuel et le viol qui sont d’ailleurs les violences les plus récurrentes. Lorsque tous ces cas nous parviennent dans nos centres, nous avons du personnel qualifié, avec des psycho-thérapeutes, des médecins, des assistantes sociales et nous travaillons en consultation avec des juristes. Tout ce personnel apporte son expertise auprès des victimes. Et tout cela est gratuit. Maintenant, quand l’accompagnement va au-delà, par exemple, si une femme doit aller en justice avec son conjoint, nous travaillons avec nos conseils juridiques. Ce sont des cabinets qui sont acquis à notre cause, qui ont cette sensibilité et qui reçoivent ces femmes avec la même approche de l’intervention féministe que nous utilisons dans l’association. Quand il faut faire des prestations au tribunal, ces cabinets leur appliquent des tarifs préférentiels. Si c’est pour des soins de santé, on a déjà au centre un médecin gynécologue, parce que c’est beaucoup plus des cas de viol que nous recevons. Aussi, a-t-on a des hôpitaux qui sont en partenariat avec nous et qui font des prises en charge.

Quand on parle de violences faites aux femmes, on a tendance à prendre l’homme pour acteur. Est-ce que la femme n’est pas victime et bourreau en même temps?

C’est une question qui revient traditionnellement mais nous devons, à chaque fois revenir à la définition que les Nations Unies ont donné de la violence faites aux femmes. On parle de violences faites aux femmes quand la violence est adressée à un groupe parce que c’est un groupe de femmes. Et puis, c’est quelque chose de structurel, c’est répétitif et ça s’adresse à ce groupe. Ça, c’est la définition des violences faites aux femmes. Qu’on ne doit pas confondre avec toute violence qui est inhérente à la société. Une femme qui violente un homme ou une autre femme, un homme qui violente ses enfants ou quelqu’un d’autre. Non, ce n’est pas de ça qu’il s’agit.

Les rites de veuvage par exemple, sont-ils considérés comme des violences faites aux femmes ?

Oui, quand on parle de rites de veuvage, on est là dans une violence faite aux femmes. Pour la simple raison que les rites dans leurs essences s’adressaient au conjoint survivant. Homme ou femmes. Mais on observe que lorsqu’il s’agit des rites appliqués aux hommes, c’est beaucoup plus un rituel doux, qui préserve le survivant. Mais quand on regarde comment ça s’applique aux femmes, ça devient très violent. Ça renferme des violences psychologiques et physiques. On doit dormir à même le sol, il y en a qui sont séropositives et qui ne peuvent pas prendre leurs ARV et vont mourir à la suite de leur mari. Donc c’est un ensemble de privations et d’humiliations qu’on fait seulement aux femmes.

Bientôt 20 ans que votre mouvement est en marche et les violences sont toujours autant d’actualité. Vous pensez que le cri est entendu ?

Cette année, je peux le dire haut et fort, oui ça marche, oui on nous entend ! Si vous revoyez nos affiches depuis 1991, nous disons «Non aux violences faites aux femmes !» Au départ on nous demandait «de quoi parlez-vous ?» Aujourd’hui, toute la communauté nationale se joint à la communauté internationale pour dire «Non aux violences faites aux femmes !» Donc, le discours d’il y a 20 ans se retrouve aujourd’hui repris sur l’ensemble du territoire camerounais.

Propos recueillis par F.B. N.



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