Gabon: Le coup d'état déjoué

Les Gabonais ont eu un réveil agité lundi 7  janvier matin. Une poignée de militaires s’est en effet emparé du siège de la radio-télévision nationale et a lu un message dans lequel, ces militaires appelaient à un soulèvement populaire. Le lieutenant Kelly Ondo Obiang qui a pris la parole,  a notamment commenté le message de fin d’année du président Ali Bongo Ondimba. « Le message du chef de la nation visant à clore le débat sur sa santé a plutôt renforcé les doutes sur sa capacité à assumer la fonction de président de la République. Le Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité, soucieux de sauver la démocratie en péril a décidé ce jour de prendre ses responsabilités afin de mettre en déroute toutes les manœuvres en cours en vue de la confiscation du pouvoir. Dans quelques heures, nous mettrons en place un Conseil national de la restauration après consultation de toutes les forces vives de la nation afin d’assurer la continuité de l’Etat et de garantir au peuple gabonais une transition démocratique ». a-t-il martelé.

Mais après quelques heures de confusion, le gouvernement gabonais a assuré que la tentative de putsch avait fait long feu. Dans un premier temps, selon des sources sécuritaires, les cinq putschistes ont été neutralisés. Le lieutenant Kelly Ondo Obiang notamment, qui a pris la tête de la mutinerie a été retrouvé par les forces de sécurité dans une résidence située non loin de la maison de la radio, caché sous un lit. Hier en fin d’après-midi, la situation était calme à Libreville. Toujours est-il que la présidence gabonaise a déclaré dans un communiqué que deux des putschistes avaient été tués pendant l’assaut  mené contre les locaux de la radio nationale par les forces de sécurité.

La tentative de coup d'État de lundi matin a été condamnée par  l’Union africaine qui a réaffirmé « le rejet total de tout changement inconstitutionnel de pouvoir». Le gouvernement français s’est également prononcé de façon officielle sur les événements de Libreville. «Nous condamnons toute tentative de changement de régime extra-constitutionnel. La stabilité du Gabon ne peut être assurée que dans un strict respect des dispositions de sa Constitution», a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

A titre de rappel, c’est depuis le 24 octobre 2018, que le président Ali Bongo a été victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) en Arabie saoudite. Il est en convalescence à Rabat (Maroc).