Consommation des drogues: Des stratégies pour sortir les jeunes de la toxicomanie

 

Thérèse M, 25 ans et Lenz K, 21 ans. Deux jeunes visages qui ont marqué la campagne de prévention contre l’abus des drogues et la toxicomanie lancée depuis le mois dernier par la fondation Kam-Siham, logée à Bépanda, Douala. Deux expériences partagées pour dissuader les jeunes de s’engager dans cette voie, mais aussi pour montrer à ceux qui baignent déjà dans cet univers qu’ils peuvent s’en sortir. Deux expériences pour faire prendre conscience de la gravité du problème selon le Dr Théodore Kommegne, psychopathologue : « le phénomène d’abus de drogue est devenu aujourd’hui une question de santé publique et même de sécurité publique. On connait une montée de la violence à l’école. 60% de jeunes entre 20 et 25 ans seraient consommateurs de drogues selon le comité national de lutte. »

Pour en revenir aux expériences donc, pour Thérèse, c’est une histoire d’alcoolisme qui a commencé au collège et qui a duré huit ans. La jeune fille était arrivée au point où elle pouvait ingurgiter 20 sachets de whisky par jour. Elle s’endettait pour boire. Sans oublier les comportements sexuels à risque. Pour l’aider à s’en sortir, sa sœur médecin, qui après des recherches découvre le centre de sevrage de la fondation, va l’y emmener de force. Ce ne sera pas son seul séjour.  Mais, la seconde fois, celle qui est aujourd’hui esthéticienne-stagiaire y retournera de son plein gré: « je voulais m’en sortir et montrer à ma sœur que je pouvais être digne de sa confiance. »

La confiance, de sa mère cette fois-là, c’est ce que le jeune Lenz a recherché quand il s’est battu pour sortir de l’enfer du Tramol, une drogue qu’il a consommée quotidiennement pendant 5 ans. Ses débuts avec la substance illicite ont eu lieu à l’internat. « Au début, c’est parce que ça me coupait l’appétit et après c’était par plaisir », explique-t-il. Il deviendra agressif, fera plusieurs crises dont les signes, quand ils se manifestent, sont proches de l’épilepsie. Passé aussi par le centre de sevrage de Bepanda, il a finalement repris ses études.

Le Dr Kommegne, sur la base d’une enquête intitulée « Jeunes et drogues au Cameroun », menée entre août et novembre 2018 auprès d’environ 1000 participants, donne quelques pistes de lutte contre le phénomène. Entre autres la sensibilisation des jeunes sur la dangerosité des drogues, de la population sur les grandes lignes de la prise en charge de sevrage, la sensibilisation des parents et des enseignants ; l’élaboration d’une offre de soins viable ; la mise sur pied d’une politique nationale de prévention contre les drogues