Réseaux sociaux : osons verrouiller !

Autant mieux ne pas tourner autour du pot. Une question s’impose aujourd’hui à la vue des comportements inquiétants en milieu jeune en ce début d’année : faut-il se résoudre à imposer des restrictions sur l’usage des réseaux sociaux par les jeunes au Cameroun ? La discussion mérite largement d’être ouverte, autour de ces outils modernes de socialisation, dont l’utilisation incontrôlée n’en finit pas de causer des déperditions chez les esprits les plus faibles et les moins préparés. La nature des contenus de certaines plateformes parmi les plus utilisées (Tik Tok, Facebook, Instagram ou Snapchat) interroge, et appelle des réactions énergiques, si l’on veut préserver les jeunes. Illustration avec la France, où une proposition de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans a été adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale.
Au Cameroun, la bien nommée « Onzaine de la jeunesse » tombe plutôt bien cette année. Ces 11 jours d’activités qui mènent jusqu’au 11 février prochain, sont une occasion de réfléchir sur les problèmes de cette tranche de la population qui cristallise l’attention depuis plusieurs mois. Et pas toujours dans le bon sens. Les derniers jours ont été plutôt riches en dérapages dans les rangs de ceux que la formule politique présente comme le « fer de lance de la Nation », c’est-à-dire une sorte de matière première solide de la construction nationale. Sur les réseaux sociaux, pratiquement chaque jour nous révèle son image choquante, sa vidéo obscène, sa séquence immorale, comme dans un vivier inépuisable. Sexe en groupe aux heures de classe, parfois en salle de cours, consommation de stupéfiants en plein établissement scolaire ou universitaire, on en a vu de toutes les couleurs.
L’origine de cette débauche se trouve en grande partie dans ces lieux de rencontres virtuelles devenus incontournables dans la vie moderne. Une espèce de jungle où tout se dit, tout se fait, tout se prend en photo ou en vidéo, tout se partage à la seconde. La révolution numérique, telle une bourrasque, a emporté à son passage, bon nombre de nos anciennes conventions sociales. Elle a même carrément inversé l’ordre des choses. L’exemple le plus marquant est peut-être cette affaire de téléphone à l’école. Il y a moins de 10 ans, le petit outil à tout faire était proscrit des salles de cours et des campus. Et par un retournement de situation, comme seules les révolutions savent en produire, voilà le smartphone devenu fortement recommandé aux élèves. A l’heure du numérique, il a fallu réussir en un tour de main, ce virage à 360°. La digitalisation tous azimuts a ainsi changé radicalement le statut du téléphone entre les mains des jeunes. Hier interdit, aujourd’hui indispensable. Recevoir des cours en ligne est par exemple le prétexte le plus facile. Mais derrière, bonjour les effets indésirables. 
Pour s’en rendre compte, il suffit d’un exercice simple : prenez une de ces applications, disons par exemple Tik Tok, l’une des plus courues. Passez-y juste cinq minutes à regarder les vidéos publiées, puis imaginez que votre fille ou votre fils de 12 ans, qui possède déjà un téléphone portable regarde les mêmes contenus et parlons-en. 
C’est là qu’on réalise l’étendue des dangers moraux que véhiculent ces rencontres virtuelles. Tout y passe en effet. Des contenus instructifs ou ludiques, bien sûr. Mais font-ils le poids face à ces dizaines d’autres publications, où l’on voit des jeunes gens exhiber tout ou partie de leurs corps, sous le couvert de danses lascives à souhait...

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