Enrôlement des taxis: On touche au but

Trois mois après son lancement, l'opération d'identification numérique voulue par la Communauté urbaine de Yaoundé comptabilise déjà 26 673 véhicules enregistrés.

D eux semaines après le flotte­ ment qui a suivi la clôture des trois mois d'enrôlement gratuit le 5 octobre dernier, les taxis jaunes ont repris la route. Ce 29 octobre, le décor habituel est de retour. De Mvog- Mbi à la Poste centrale, en passant par Nsam et Mvog-Betsi, bienvenue les embouteillages aux heures de pointe, les files indiennes aux arrêts et les klaxons. À un détail près, chaque véhicule arbore désormais son éti­ quette d'enrôlement, un QR code in­ falsifiable sur la vitre et un numéro de portière unique peint en blanc sur fond bleu. C'est l'aboutissement visible de l'opé­ ration lancée le 3 juillet 2026 par le maire de la ville, Luc Messi Atangana. Une base de données qui a continué de grossir même après la date butoir. À ce jour, elle affiche 26 673 taxis enregistrés, 27 638 chauffeurs et 21 234 propriétaires, dont 163 possèdent plus de 10 véhicules. Soit près de 1 700 véhicules de plus en 14 jours, en pleine phase répressive. Pour le Dr Jean Patrick Mfoulou, chef de la Cellule des transports et de la mobilité à la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY), on touche au but. Le Plan de mobilité urbain soutenable estimait le parc entre 30 000 et 35 000 taxis. « Le flux important qu'on avait dans les points d'enregistrement a diminué. Le fait qu'on soit à 26 673 prouve qu'on se rapproche de 30 000 », confie-t-il. Pour arriver à ce résultat, il a fallu lever trois verrous. Le premier, admi­ nistratif. Chaque dossier exigeait la CNI, la licence d'exploitation, la carte bleue, l'assurance et la visite technique. Sans oublier la preuve du paiement de l'impôt général synthétique à 5 000 F par trimestre, lui-même adossé au numéro d'identifiant unique. Un casse-tête qui a obligé la Direction générale des impôts à dépêcher une équipe au siège de la CUY. Le second verrou, social. Face à la grogne, certains syndicats avaient proposé des contrôles alternés pour ne pas paralyser la ville. Proposition rejetée par les autres cen­ trales. La mairie a maintenu sa ligne, pas de prolongation. Le troisième, le volet répressif. Depuis le 6 octobre, tout taxi non enregistré trouvé en cir­ culation est interpellé...

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