Ecrans noirs 2026: L’ombre de Bassek

Au siège de l’organisation à Yaoundé, les cerveaux sont en ébullition pour offrir le meilleur de cette 30e édition, la première sans son fondateur de regrettée mémoire.

T rois heures et demie de réunion. Pas moins. Ce lundi 26 octobre 2026, pas question de se laisser ga­ gner par la fatigue. Il y a encore plusieurs points à peaufiner avant la tenue de la 30e édition du fes­ tival Ecrans noirs. A quelques jours de l’événement prévu du 21 au 28 novembre à Yaoundé, l’équipe conduite par Patricia Moune Mbede, coordinatrice générale du festival, passe en revue tous les points clés. Etat de téléchargement des films à projeter, billets d’invitation à finaliser, supports de communi­ cation à boucler, billets d’avion à confirmer ou infirmer, etc. Tout y passe. « Nous travaillons pour que le festival retrouve son essence, c’est-à-dire le cinéma. Il faut que des gens reviennent dans les salles pour voir des films et c’est sur ce contenu que nous souhaitons da­ vantage travailler », explique Pa­ tricia Moune, tout en conduisant la réunion de coordination organi­ sée ce jour au siège des Ecrans noirs, au centre-ville de Yaoundé. Dans son agenda, elle note tout. Réajuste. Planifie. Tout comme ses collaborateurs en face d’elle. Ce jour, Emmanuel Franck Goufan à Goufan, le régisseur général, a fort à faire. Encore des films à té­ lécharger avant de caler la pro­ grammation définitive. « Actuel­ lement, je dirai que nous sommes à 50% des contenus. Quelques fic­ tions internationales exigent des paiements et nous attendons en­ core des films camerounais. Mais, ils ont promis de les déposer au siège avant la fin de la semaine », indique-t-il. Avant la fin de la se­ maine, il doit également faire le tour des espaces pour dresser un état des besoins et s’assurer que tout soit prêt avant le jour-J. Ca­ lendrier tout aussi précis pour Ger­ vais Pondji Ekole, l’infographe mai­ son. Silencieux derrière son écran d’ordinateur, il peaufine les pages du catalogue ; en attendant quelques éléments pour le boucler. « Je suis ici depuis la 25e édition du festival. Je suis chargé de conce­ voir tout ce qui est visuel. Les in­ vitations, le catalogue, les badges, les visuels numériques », dit-il. Pointe de nostalgie aussi quand il doit parler du fondateur Bassek Ba Kobhio. « Il avait un regard par­ ticulier sur tout le monde. C’est vrai qu’il était très exigeant et ri­ goureux. C’était aussi beaucoup de pression à quelques jours de l’événement, et on travaillait beau­ coup en fonction de ses délais. Aujourd’hui, c’est vraiment différent », analyse l’infographe. Marathon… sans pression Cette absence est aussi fortement ressentie pour Ilarine Megou, as­ sistante de direction du feu Bassek, et aujourd’hui de Patricia Moune. « Mon travail n’a pas fondamen­ talement changé. Après 15 ans dans cette maison, j’ai adopté quelques automatismes et j’arrive à gérer la pression », dit-elle. Ce jour, Ilarine vérifie les plans de vols qu’elle transmettra à la com­ pagnie de voyage partenaire pour l’émission des billets. « J’ai déjà envoyé les lettres d’invitation et les réservations d’hôtel aux festi­ valiers. J’attends de recevoir les confirmations de visa de leur part », dit-elle. Pour cela, elle est obligée de rester accro à son mail de jour comme de nuit. Autre accro aux écrans, c’est Liza Fouda. Ici, tous l’appellent « Yasmine ». C’est Ma­ dame Communication de l’équipe. Celle sur qui beaucoup repose pour la mobilisation des cinéphiles. « Nous entamons la communica­ tion sur les contenus dès cette semaine. Nous voulons aller cher­ cher les cinéphiles à la sou...

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