CEMAC: le résultat net des banques a baissé

Il a diminué de 37 milliards de F à fin 2016, par rapport à son niveau de 2015. La situation du système bancaire a été examinée le 20 juillet à N’Djamena.

La neuvième réunion annuelle de concertation entre le président de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) et la profession bancaire et financière s’est tenue le 20 juillet 2017 à N’Djamena. C’est dans la capitale tchadienne que le régulateur et les dirigeants de banques et établissements de microfinance (EMF) en activité dans la CEMAC se sont retrouvés pour échanger sur les évolutions et les améliorations à apporter au système bancaire de la sous-région. Depuis la rencontre tenue à Douala le 21 octobre 2016, l’état de santé des établissements de crédit et microfinance ne s’est pas beaucoup amélioré.

La qualité du portefeuille de crédit des 52 banques en activité dans la zone continue de se dégrader. Les créances en souffrance ont augmenté de 292 milliards de F au 30 avril 2017. Par rapport au 30 avril 2016, cela représente une hausse de +26,36%. De même, on assiste toujours à une baisse de la rentabilité des établissements de crédit. Leur résultat net au 31 décembre 2016 a reculé de 29,9%, soit 37 milliards de F par rapport à décembre 2015. Il s’établit à 87, 3 milliards de F. Une conséquence du repli de la croissance observé dans la sous-région (0,2% en 2016), causé par la chute des cours du pétrole intervenue au second semestre 2014, entre autres facteurs.

Au 30 avril 2017, l’activité bancaire dans la CEMAC s’est caractérisée par une légère progression du total de bilan de 1,38%, soit 176 milliards de F par rapport au 30 avril 2016. Sur la même période, les crédits bruts ont progressé de 5,28%, soit 423 milliards de F. Des prêts accordés principalement au secteur privé. Les dépôts de la clientèle ont quant à eux baissé de 5,81%, représentant 579 milliards de F, notamment ceux des privés. L’excédent de trésorerie des banques lui aussi recule de 33,4%, soit 1079 milliards de F. Une diminution qui s’explique par le fait que les banques ont accordé plus de crédits sur la période sous revue, alors qu’elles ont collecté moins de dépôts.

Si l’environnement actuel ne permet pas aux banques de réaliser de bons profits, elles se doivent, de l’avis du régulateur, d’être plus prudentes dans la prise de risques. Cela suppose le strict respect des normes fixées par la COBAC. Or, seulement 27 banques sur les 52 disposent de fonds propres nets suffisants pour respecter l’ensemble des normes prudentielles assises sur cet agrégat. C’est pourquoi le rappel à l’ordre fait à Douala a été réitéré. Abbas Mahamat Tolli, président de la COBAC, a annoncé que les sanctions prévues continueront d’être appliquées en tant que de besoin. En  janvier dernier, la COBAC a procédé au retrait de l’agrément d’un EMF de deuxième catégorie, assorti d’une interdiction d’exercice pour ses dirigeants.

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