Effectif d'enseignants: Le juste équilibre

La rentrée administrative a eu lieu hier dans les établissements scolaires du pays, dans un contexte marqué par le redéploiement du personnel au Minesec.

C’est la dernière ligne droite pour les préparatifs de la rentrée scolaire 2017, prévue le lundi 4 septembre prochain. Dans cette perspective, chefs d’établissement scolaire, enseignants et autres cadres administratifs ont repris le chemin de l’école hier. Une semaine avant les élèves, question de procéder aux derniers réglages de l’année scolaire qui se profile à l’horizon. Emplois de temps, questions disciplinaires, recrutements, inscriptions, programmes notamment, étaient au menu des consignes données ici et là pour une année réussie. Occasion aussi pour les enseignants nouvellement affectés de faire connaissance avec leur nouveau cadre de travail.

Ils étaient plus de 3000 enseignants en trop dans la ville de Yaoundé. C’est ce qui ressort des statistiques du ministère des Enseignements secondaires (Minesec). Ceci pendant que dans les autres villes, les dispensateurs de savoir manquent. Dans la région de l’Adamaoua par exemple, le déficit dépasse les 2000 enseignants. Des sources bien introduites affirment que le ministère n’obtient chaque année que 5000 nouveaux enseignants issus des Ecoles normales supérieures du pays. Soit environ 10% du gap de plus de 45 000 enseignants à combler. Du coup, avant cette rentrée scolaire, le ministre des Enseignements secondaires a inscrit le déficit des enseignants aux rangs de ses priorités.

Plus de 60 000 personnels enseignants et administratifs ont été recensés. Il était question de tout faire pour qu’ils soient équitablement répartis dans l’ensemble du pays. « Du 17 au 18 juillet dernier, la Commission nationale d’affectation et de mutation des enseignants a siégé. Le directeur des Ressources humaines présidait les travaux en présence de tous les délégués régionaux. Ceux-ci ont fait l’état de leurs besoins. Nous avons travaillé sur l’harmonisation des effectifs », confie un responsable du Minesec. Diverses mesures ont été prises pour résoudre le problème. Ainsi, les dernières cuvées des Ecoles normales supérieures (Ens) de Yaoundé, Maroua, Bambili et de l’Enset de Douala ont été affectées dans les zones rurales. Ceux qui sortiront dans les prochains jours de l’Ecole normale supérieure d’enseignement technique de Kumba seront également envoyés dans l’arrière-pays. « Il faut également savoir que le ministre a pris l’engagement de mettre fin au sureffectif des enseignants dans la ville de Yaoundé. Beaucoup ont été affectés en région dans les récents mouvements intervenus la semaine dernière. Ce rééquilibrage parce que le ministre tient à ce que tous les élèves du pays soient bien encadrés », affirme notre source.

«Les enseignants ont l’obligation de service en tout lieu »

Michel Rémy Ze Ze, délégué régional par intérim des Enseignements secondaires de l’Est.

Quels sont les besoins actuels en enseignants dans la région de l’Est ?

Notre région enregistre un besoin total estimé actuellement à 3 312 enseignants. Actuellement, l’effectif des enseignants est de 2 734, disséminés dans nos lycées et collèges. Bien évidemment, cet effectif ne comble pas le besoin de notre région. L’Etat s’emploie à combler ce besoin.

Comment gérez-vous de manière rationnelle les effectifs disponibles ?

Le quota de répartition des enseignants est fixé par le ministre des Enseignements secondaires. Ces affectations tiennent compte du besoin exprimé par région, au prorata de l’effectif des lauréats sortis des Ecoles normales supérieures et des différentes disciplines.

Le constat est cependant que les établissements en zone rurale souffrent plus du manque d’enseignants que ceux des zones urbaines qui, parfois, en ont un peu trop. Qu’est-ce qui est justement fait pour une répartition ou affectation juste et rationnelle des enseignants?

Le processus d’harmonisation du personnel qui est fait à chaque rentrée scolaire apporte des correctifs. La gestion rationnelle et juste est rendue cependant difficile par le problème de fonctionnement des établissements ruraux à faibles effectifs qui n’ont pas les moyens financiers de stabiliser les enseignants en cours d’intégration. A ce sujet, les associations des parents d’élèves et d’enseignants (APEE) font ce qu’elles peuvent. Mais il faut aller plus loin parce que ce n’est pas toujours suffisant pour stabiliser les enseignants. J’en appelle à cet égard à la responsabilité et à l’implication surtout de l’élite locale qui pourrait prendre en main les préoccupations liées à l’éducation en favorisant l’épanouissement et le cadre de vie des enseignants.

A la veille de rentrée scolaire, quel message adressez-vous aux enseignants affectés dans la région de l’Est, que beaucoup hélas ont tendance à bouder au motif que c’est une zone enclavée?

Je rappelle aux enseignants qui arrivent dans notre région que le statut général de la Fonction publique de l’Etat stipule qu’ils ont l’obligation de service en toutes circonstances et en tous lieux. Je réitère à leur intention qu’ils ne sont pas des enseignants des zones enclavées, entendu qu’après trois années de service effectif, et sur la base d’un dossier de mutation régulièrement constitué, ils peuvent être redéployés dans une région de leur choix. Il est donc important que l’esprit professionnel et patriotique les anime, et qu’ils rejoignent le poste dès la rentrée prochaine, pour former les citoyens camerounais.

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category