Interview: «Le personnel médical n’est plus surchargé»

Dr Elat Nfetam, secrétaire permanent du Comité national de lutte contre le Sida.

 

Qu’est-ce que la décentralisation de la prise en charge et suivi des malades du Sida?

Le programme de décentralisation de la prise en charge de malades du Sida a commencé en 2002/2003 par la création des centres de traitement agréés (CTA) dans les hôpitaux centraux et régionaux et les unités de prise en charge dans les hôpitaux de districts (Upec.) Ceci étaient nécessaire parce qu’il ne fallait pas que les malades fassent des longues distances pour recevoir leur traitement ou suivi. La décentralisation est matérialisée par la mise en place des réseaux de « tutorats » où les CTA partaient superviser et former le personnel de prise en charge pour offrir des services de qualité. La nouveauté c’est que nous impliquons de plus en plus des associations de la société civile qui offrent des conseils et sont associées dans la dispensation des médicaments aux malades du Sida. En plus, il y a la formation de personnel paramédical (infirmiers) pour s’occuper des malades par délégation. Cette tâche était la responsabilité des médecins auparavant.   

Qu’est-ce que cette approche a produit comme résultats?  

L’objectif de la décentralisation de la prise en charge et suivi du Sida est de rapprocher les services des malades. Le résultat dans les associations ou réseaux est qu’on n’a pas besoin d’aller s’aligner pour retirer ses médicaments ou recevoir le traitement. En plus, le personnel médical n’est plus surchargé  par le travail à cause de la délégation des tâches. Le fait que les malades ne perdent plus du temps pour retirer leurs médicaments leur permet de vaquer facilement à leurs occupations. Aussi, le nombre de malades mis sous traitement ARV a augmenté au fil des années et les malades sont de plus en plus adhérants au traitement parce qu’ils ne couvrent plus les longues distances pour arriver dans les unités de prise en charge. En 2005, il y avait environ 45.000 personnes sous ARV au Cameroun. En Juin 2016, on était à environ 145.000 malades. Néanmoins, tout ne peut pas être le fait de la décentralisation parce qu’il y a eu la gratuité des médicaments. 

Quelles mesures sont-elles mise en place pour éviter les ruptures des stocks des ARV?

On fait une planification dans les commandes au niveau national. On forme aussi le personnel des hôpitaux sur comment passer leurs commandes à temps parce que certains cas de ruptures sont dus au fait que les commandes ne sont pas passées tôt. En plus, les fonds régionaux des médicaments seront bientôt dotés chacun de quatre nouveaux véhicules Pick-up, et la CENAME des camions pour permettre la distribution des médicaments à temps.     

 

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