« Il est de mon devoir de rétablir l’ordre »

Toast prononcé hier au Palais de l’Unité par le président de la République, S.E. Paul Biya, à l’occasion du déjeuner d’Etat offert en l’honneur de la Très honorable Patricia Scotland QC, secrétaire générale du Commonwealth.

«Madame la Secrétaire générale du Commonwealth, la Très Honorable Patricia Scotland, C’est un grand plaisir pour mon épouse et moi-même de vous accueillir, au nom du peuple camerounais, dans ce Palais, symbole de notre unité nationale. A travers votre personne, je suis heureux d’avoir cette occasion pour exprimer au Commonwealth la reconnaissance de mon pays pour la contribution qu’il lui a apportée dans divers domaines depuis qu’il en est membre.

Depuis 1995, année de son entrée au Commonwealth, le Cameroun, Etat bilingue et multiculturel, s’est inspiré de la riche expérience de ses nombreux partenaires pour consolider son système démocratique, sous différents aspects et notamment la protection des droits de l’homme et l’organisation d’élections justes et transparentes. Je crois pouvoir dire que cet exemple a eu des résultats positifs que vous pouvez constater par vous-même.

Madame la Secrétaire Générale, Le Cameroun s’est longtemps enorgueilli d’être un havre de paix et de stabilité dans notre sous-région. Malheureusement, au cours des dernières années, l’organisation terroriste Boko Haram a mené, dans l’extrême-nord de notre pays, une série d’attaques meurtrières auxquelles nous avons dû faire face, dans un premier temps avec nos forces de défense et de sécurité nationales, ensuite avec la Force Multinationale Mixte formée sous l’égide de l’Union africaine. Grâce à la vaillance de ces troupes et à l’appui de nos partenaires internationaux, cet ennemi obscurantiste et barbare a été repoussé et contraint de se retirer dans ses derniers retranchements. Il en est désormais réduit à pratiquer de lâches attentats suicides qui nous obligent à rester vigilants. Au moment où nous pensions en avoir fini avec cette menace, une agitation s’est manifestée, il y a environ un an, dans deux de nos régions, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

Elle a pris corps chez les avocats et les enseignants qui ont fait valoir des revendications d’ordre professionnel. Le gouvernement les a prises en considération et édicté des mesures pour leur donner satisfaction. Concurremment, il a créé une « Commission pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme ». Elle est chargée de proposer des solutions pour maintenir la paix, consolider notre unité nationale et renforcer notre volonté et notre pratique quotidienne du vivreensemble.

Cette commission s’est mise immédiatement au travail. C’est le moment qu’ont choisi des extrémistes pour attaquer et assassiner des membres des forces de l’ordre isolés, au nom d’une organisation terroriste se réclamant d’objectifs clairement sécessionnistes.

Garant des institutions, selon notre Constitution, et en particulier de l’unité nationale, il est de mon devoir de rétablir l’ordre et de punir les coupables de ces assassinats. Je n’en suis pas moins résolu à donner toutes ses chances à la commission précitée.

J’ai toujours pensé en effet que le bilinguisme et le multiculturalisme sont des atouts exceptionnels pour notre pays, en ce qu’ils nous permettent d’avoir accès à deux grandes cultures et de dialoguer, dans leurs langues, avec un grand nombre de pays, spécialement en Afrique. Je suis convaincu que l’immense majorité des Camerounais partage ce point de vue. C’est pourquoi je persisterai à rechercher des solutions de nature à conforter notre unité nationale.

Madame la Secrétaire Générale, Pour le reste, le Cameroun doit faire face aux problèmes qui sont ceux des pays en développement. Les séquelles de la crise financière de 2008 ont quelque peu ralenti notre rythme de croissance. La baisse des cours du pétrole et des matières premières a affecté nos recettes budgétaires et nous a amenés à conclure avec le FMI un programme, « sous facilité élargie». Ce programme devrait nous permettre de retrouver le chemin d’une croissance forte, en évitant le recours aux mesures d’austérité.

Nous n’en sommes pas moins déterminés à atteindre l’émergence à l’horizon 2035. A cet égard, je considère que l’appartenance de mon pays au Commonwealth représente un double avantage : - celui de participer aux programmes de coopération mis en oeuvre par notre Organisation commune, - et celui de nouer des liens privilégiés avec la plupart de ses membres. Sur ces deux plans, il existe encore, j’en suis sûr, de nombreuses opportunités à saisir.

Les échanges que nous avons eus ce matin me paraissent très prometteurs à cet égard. Mesdames, Messieurs, Distingués Invités, Permettez-moi maintenant de vous inviter à porter un toast : - à la santé de Madame la Secrétaire Générale du Commonwealth, la Très Honorable Patricia Scotland, - et à la pérennité de la coopération entre le Commonwealth et le Cameroun ».

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