Charlotte Ntamack: comme à la maison !

 La comédienne camerounaise est en terrain connu à Abidjan. Au MASA, son nouveau spectacle fait sensation.

Il était une fois, une petite fille qui détestait son prénom. « Charlotte ? Pourquoi Charlotte ? », s’écrie-t-elle, désemparée. Mais elle n’y peut rien. Si seulement chaque humain pouvait décider de son nom… Alors la fillette, devenue adolescente puis femme, préfère qu’on l’appelle Charlie. C’est plus mignon, c’est plus court et c’est moins tentant de la surnommer Charlotte aux fraises.

Présenté en sélection officielle au Marché des arts du spectacle d’Abidjan (MASA) mardi dernier à la salle Kodjo Ebouclé du palais de la culture, le show de Ntamack, « Je suis Charlotte », sonne bien plus qu’une révolution. Plutôt une confession drôle et éloquente sur l’enfance de la comédienne camerounaise. Si une infime place est laissée à la fiction, on ressent bien les traces d’une vie antérieure que l’humoriste se plaît à dévoiler.

A travers le caractère autant autoritaire qu’affectueux d’un père et d’une mère protectrice (peut-être trop), elle dresse le portrait d’une famille régie par la discipline exercée avec amour. Charlotte Ntamack souligne aussi au passage des faits sociaux comme le racisme, les relations hommes-femmes, etc.

Son admiration pour Charlie Chaplin – rien à voir avec son prénom – transparaît également. Canne, chapeau melon et démarche à la Chaplin, elle les emprunte pour raconter son rêve de petite fille : ressembler à ce pape du comique.

Tous ces ingrédients du spectacle de Charlotte Ntamack ont séduit un public d’Abidjan difficile, car averti et familier de l’humour. « J’étais très à l’aise sur le plateau, je me suis beaucoup amusée et le public était avec moi », note l’artiste, habituée aux foules d’Abidjan face auxquelles elle se retrouve généralement pour l’émission « Le Parlement du rire ».

Pour arriver à cette conclusion, avec Edouard Elvis Bvouma le metteur en scène, elle a dû retravailler le spectacle, vu à Yaoundé et à Douala en janvier dernier. Le sens et la justesse de certaines répliques ont été revisités. Par exemple, au lieu du « Djansang » pour évoquer le « décapage », elle parle de « Tchatcho », terme usuel en Afrique de l’Ouest pour décrire le même phénomène.

Au final, un public conquis et des promoteurs aussi. Grâce à sa prestation au MASA, Charlotte Ntamack a obtenu six dates et va se produire dans plusieurs pays. Bien avant le MASA, étaient déjà calés dans son agenda, les rendez-vous du 20 avril au Trianon à Paris et du 21 avril à un festival à Clermont-Ferrand (France).
 

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