Journée internationale du théâtre: mariage intertribal au menu

 Le thème a traversé les deux pièces jouées le 3 avril dernier à Yaoundé, en présence du ministre des Arts et de la Culture.

Des similitudes frappantes entre deux pièces jouées mardi dernier à l’occasion de la journée internationale du théâtre. Autant « Bethrodal Without Libation » que « La guerre des calebasses » sont tirées des prémices d’œuvres théâtrales de célèbres auteurs camerounais, publiées au début des années 70.

Autre coïncidence de cette soirée du 3 avril dernier, la première pièce de Bole Butake et la seconde de Pabe Mongo, dénoncent toutes les deux des problèmes tribaux, au sein du mariage plus précisément.

Dans « Bethrodal Without Libation », une mise en scène de Sophia Mempuh Kwachuhet sous la supervision du Dr Asheri Kilo, les discriminations et les non-dits se bousculent, compromettant l’union de la jeune Elissa avec l’élu de son cœur. Les étudiants en Arts du spectacle de l’Université de Yaoundé I ont en majorité constitué la troupe, proposant un jeu maîtrisé.

Et dans « La guerre des calebasses », adaptée sur les planches par le doigté d’Ambroise Mbia, inimitié entre Mapa et Malu cause le tumulte. Miriam la Malu, femme désabusée par la vie mais surtout par les hommes, s’oppose au mariage de Bidja et Messina sa promise, originaires du village Mapa.

Cette pièce incarnée par quatre personnages forts laisse échapper un parfum de tragédie… L’eau a coulé sous les ponts, mais visiblement, l’intrigue demeure. Celle où l’intelligence de ressortissants d’un coin est au-dessus de la moyenne. Celle où les femmes de telle tribu sont des sorcières.

Celle où les hommes d’un certain village sont bien plus virils que ceux de la localité voisine. Des préjugés, encore et toujours, au cœur de petits conflits et d’immenses batailles.

Pabe Mongo, venu assister à la représentation au Centre culturel camerounais à Yaoundé en présence de Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Arts et de la Culture, a posé le constat de l’invariabilité des choses. « Ces deux œuvres sont d’une autre époque, mais je suis très étonné de leur actualité.

Quand nous étions des étudiants, nous avons porté cette problématique de l’entente entre les peuples », souligne Pabé Mongo, auteur de «La guerre des calebasses ». Le Dr Asheri Kilo, conseiller technique N°1 au Minac, qui a collaboré à l’élaboration de « Bethrodal Without Libation » reconnaît que les deux pièces, l’une à la fin heureuse et l’autre à l’issue dramatique, se réunissent pourtant quand il faut mettre en lumière le vivre-ensemble.

Le 10 avril prochain, les activités liées à l’art oratoire organisées sur l’initiative du MINAC verront un terme avec la poésie et le slam.

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