Rebondir après l’échec

Free-kick

Trois médailles seulement remportées dont une en argent et aucune en or. Tel est le triste bilan de la Cameroon Team aux 21esJeux du Commonwealth qui viennent de s’achever en Australie. Une moisson qui parait bien maigre si on tient compte des 800 médailles mises en jeu et au regard des nombreuses occasions manquées dans une compétition où le drapeau tricolore a souvent flotté plus haut.

Au classement final, le Cameroun occupe le bas du tableau sur une quarantaine de pays, loin derrière l’Australie et l’Angleterre qui s’adjugent les ¾ des distinctions.

C’est de loin le plus mauvais palmarès depuis la première participation aux Jeux en 1998. Certes, la compétition sportive reste une épreuve ouverte, avec deux issues possibles : la victoire ou la défaite. Il n’y a donc pas de combat gagné d’avance.

Mais on peut perdre avec la manière, en donnant le meilleur de soi, en laissant au public une image positive. On peut aussi perdre en restant digne, en préservant l’amour propre et certaines valeurs qui fondent la respectabilité.

Nos sportifs ont perdu au triple plan sportif, éthique  et civique. L’histoire retiendra qu’ils se sont davantage illustrés par des comportements répréhensibles que par des records susceptibles de flatter l’orgueil national. Un observateur remarquait, avec un humour décapant, que le nombre de médailles remportées est inversement proportionnel à celui des compétiteurs ayant quitté la délégation sans laisser de trace. 

Pourtant, on a connu des meilleures performances dans le passé. Avant la tenue de l’édition des JC 2018, le Cameroun totalisait 34 médailles, dont 10 en or. Le record absolu a été réalisé aux Jeux de Manchester en 2012, avec 12 médailles remportés dont 9 en or et une 7èplace sur 36 pays classés. La plupart des médaillés camerounais proviennent des disciplines comme la boxe et surtout l’haltérophilie qui a révélé d’immenses champions comme Tientcheu Dabaya, et David Matam, naturalisés français par la suite.

Aujourd’hui, tout semble aller à l’envers. Que s’est-il passé pour qu’un pays réputé pour la qualité et l’endurance de ses athlètes soit évincé durablement des podiums des grands événements sportifs ? Même si l’ambition de départ, en allant en Australie, n’était pas de rivaliser avec des géants du sport mondial, il était au moins question de faire bonne figure, au-delà d’une participation symbolique.

C’est dire que nos représentants ne partaient pas battus d’avance. En s’inspirant du passé, un ou plusieurs exploits étaient du domaine du possible. Dès lors, certaines questions deviennent incontournables : comment comprendre que la somme d’expériences accumulées n’ait pas servi à grand-chose ?

Pourquoi dans plusieurs disciplines sportives, les Camerounais se font désormais remarquer par des performances… à reculons pendant que leurs concurrents d’hier continuent de progresser au point de creuser un véritable fossé difficile à combler ? On ne peut plus se contenter de mettre des échecs à répétition sur le seul compte de la « glorieuse incertitude du sport ».

On ne saurait non plus passer par pertes et profits des nombreux facteurs qui plombent l’envol du sport national. Quoiqu’on en dise, le sportif et son environnement, immédiat ou lointain, ont aussi leur part de responsabilité. Au-delà de certaines attitudes jugées antipatriotiques, on peut s’interroger sur les conditions de préparation des athlètes chargés de défendre les couleurs du Cameroun.

On pourrait par exemple mettre plus d’accent sur des sports pourvoyeurs de médailles, à travers des stages de haut niveau. Maintenant que les jeux sont terminés, le moment semble indiqué pour faire froidement l’autopsie de la participation camerounaise. Histoire de voir ce qui n’a pas marché, de formuler des critiques constructives et tirer des enseignements en vue d’une meilleure  préparation des échéances futures.

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