« Se lancer en solo demande du courage »

Taty Eyong, chanteuse.

Après des années comme choriste, vous avez récemment présenté votre maxi-single et d’autres titres de votre prochain album. Comment percevez-vous le début de cette aventure en solo?

Je ne dirais pas que c’est difficile de se retrouver au devant de la scène après des années derrière les grandes vedettes. Non, je dirais plutôt que c’est un challenge, un véritable défi. Se lancer en solo demande beaucoup de courage, de discipline, de travail. En particulier beaucoup de travail, car être seule sur scène en tant que lead vocal après avoir été en arrière-plan, c’est un énorme challenge. Enorme, mais positif, parce que j’ai toujours rêvé de le faire. Je suis en plein dans mon rêve. Il faut que je continue de travailler, car il y a encore nombre de paramètres à atteindre pour marcher sur les traces de musiciens comme Angélique Kidjo ou Sally Nyolo. A mes débuts, j’ai également abordé la scène en tant que danseuse et chorégraphe, ce qui m’aide aujourd’hui dans la composition de mes spectacles. Le 31 mars dernier au Palais des Sports de Yaoundé, vous étiez en première partie du spectacle de Charlotte Dipanda.

Comment avez-vous vécu ce moment de consécration de votre très jeune carrière solo ?

Faire la première partie de Charlotte Dipanda c’était un privilège énorme. Je suis tellement heureuse qu’une artiste de sa trempe m’ait donné l’opportunité de lui ouvrir la scène du Palais des Sports de Yaoundé, seulement un an après le début de ma carrière solo. C’est tout à fait magique. Je ne vais pas m’arrêter là, car je n’ai aucune envie de décevoir mes aînés, tous ceux que j’ai accompagnés sur scène en tant que choriste. Et pourquoi ne pas devenir un modèle pour d’autres jeunes qui arrivent dans quelques années. J’ai tiré de ces expériences beaucoup de détermination. Il y a beaucoup de découragement parmi les artistes camerounais parce qu’il n’y a pas d’infrastructures, ou des dispositions pour encourager les musiciens à vivre de leur art au Cameroun.

Votre style musical balance entre bikutsi et jazz. Pourquoi ce mariage ?

Je commence en 2011 dans le milieu du jazz. C’est pourquoi ce rythme est très présent dans ma musique, car c’est par là que j’ai entamé mon expérience vocale. Je suis passionnée par les notes du jazz, la sensibilité des harmonies qu’augure le jazz. Mais comme j’aime la musique de chez moi, le bikutsi et tout ce qui se rapporte aux rythmes traditionnels, j’ai fait un mélange des deux. C’est ce que certains appellent en général la World Music, mais moi je préfère parler de bikutsi ou d’afrojazz. Ainsi je peux l’exporter plus facilement.

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