Paludisme: la cote d’alerte

Le Cameroun compte parmi les dix pays les plus touchés du monde. C’est le diagnostic posé au moment où on célèbre la Journée mondiale de lutte.

L’an dernier au Cameroun, la courbe d’infection au paludisme est montée contrairement à la tendance à la baisse depuis 2010. Cette pandémie constitue le quart des consultations dans les formations hospitalières. Elle est plus fréquente chez les enfants, avec 32% de taux de consultation. 13% des patients atteints en meurent.

Ce pourcentage est doublé chez les enfants : 27%, selon le comité national de lutte contre le paludisme. Du rapport mondial 2017 de l’organisation mondiale de la santé (OMS), on apprend aussi que le Cameroun compte parmi les dix pays les plus touchés du globe, contribuant à hauteur de 3% au pourcentage de la mortalité de toute la planète.

Ces statistiques suscitent des questionnements au moment où on célèbre la Journée mondiale de lutte contre cette maladie : 4 000 morts enregistrés dans les formations sanitaires, presqu’autant dans les familles qui gèrent les cas sans aller à l’hôpital.

Les défis restent énormes, a rappelé Doroty Fasah Achu, secrétaire permanent du Comité national de lutte contre le paludisme, au cours de la réunion tenue lundi dernier en prélude à la préparation de cette Journée au Cameroun. Ils concernent la prévention. Il est préconisé une couverture universelle par l’utilisation de la moustiquaire imprégnée à longue durée d’action. On devrait aussi ratisser large dans la prise en charge efficace de la maladie par un bon diagnostic et un traitement approprié.

La veille devrait aussi être accentuée dans la surveillance épidémiologique. De même, il est important d’encourager la recherche dans ce domaine et briser la chaîne de la multisectorialité dans les stratégies de lutte. Par ailleurs, les acquis doivent être consolidés : les tests systématiques sont à encourager tant dans les hôpitaux publics que privés. Le pourcentage de la couverture des soins gratuits aux enfants mérite d’être amélioré. A ce jour, seul un tiers de ces patients reçoivent les médicaments gratuits.

Les grandes zones endémiques sont connues : le Grand Sud ; son climat chaud et son épaisse végétation favorisent la reproduction de l’anophèle et le paludisme sévit toute l’année. La zone de la savane et des steppes connait la maladie six à neuf mois par an contre trois à quatre mois seulement pour la région soudano-sahélienne.

Les financements disponibles sont une opportunité pour optimiser la lutte contre le paludisme au Cameroun. Les besoins en financements sont estimés à environ 40 milliards de F. 31 milliards sont disponibles, d’après Doroty Fasah Achu. Ils sont mis à disposition par l’Etat et ses partenaires internationaux.

Dans les pays comme le Rwanda et l’Ethiopie, l’Etat, les bailleurs de fonds et les populations ont regardé dans la même direction dans les programmes de lutte contre le paludisme et aujourd’hui ils sont au stade de la réflexion pour son éradication, a confié le secrétaire permanent .

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