Hommage: nos seigneurs Paul Etoga et Jean Zoa célébrés

L’Université catholique d’Afrique centrale revient sur leurs legs, 20 ans après leur décès.

Paul Etoga et Jean Zoa sont deux pionniers dans le vicariat apostolique au Cameroun. Mgr Etoga est le tout premier évêque noir de l’Afrique francophone, nommé par le pape Pie XII en 1955. Mgr Jean Zoa est le premier archevêque du Cameroun nommé en 1961 par Jean XXIII, successeur de Pie XII.

Il est aussi le tout premier prêtre camerounais à avoir poussé les études jusqu’au doctorat en théologie. Le second est l’élève du premier. Les deux sont morts, la même année, le même mois : en mars 1998. Mgr Jean Zoa tombe raide alors qu’il commence la messe funèbre de son maître Mgr Paul Etoga. Une similitude de destins qui ne laisse pas insensible la communauté catholique.

L’Ucac célèbre depuis mardi à Nkolbisson l’héritage légué. Avant tout, il s’agit de l’héritage de la foi de ces grandes figures de l’Eglise, précise l’abbé Pr. Augustin Messono Ateba, doyen par intérim de la faculté de Théologie de l’Université catholique d’Afrique centrale (Ucac). Le contexte de leur nomination à la haute charge pastorale est tumultueux.

C’est presqu’au forceps que Rome contraint Mgr René Graffin, alors évêque de Yaoundé, à passer le témoin à Paul Etoga. Il faut le préciser, malgré l’instruction du pape, le passage de flambeau entre les missionnaires occidentaux et le clergé autochtone n’est pas un long fleuve tranquille.

Au Cameroun, il y a une poche de résistance. Et Graffin a dû être convoqué au Vatican pour rédiger sa renonciation à l’instant, puis la déposer. Dès lors, les foudres de l’administration coloniale vont accompagner Paul Etoga tout au long de son épiscopat. Si l’adversité contre Etoga était entretenue par les occidentaux, Jean Zoa, lui, doit essuyer l’hostilité des siens.

Augustin Messomo Ateba, recteur de la faculté de Théologie de l’Ucac rappelle qu’il y a eu une pétition au Cameroun pour contrecarrer sa nomination. Contre lui, rien de plaidable, si oui, des intrigues ethniques et des querelles de leadership. Mais une équation se pose au moment où il passe archevêque.

Son maître Paul Etoga, désormais sous son autorité est une ronce dans sa charge. Du coup, l’astuce d’affecter ce dernier comme évêque à Mbalmayo est trouvée. Mais c’est une nomination presque dans la précipitation, sans aucune infrastructure d’accueil, sans commodité.

Un autre défi, une autre tribulation pour l’exévêque auxiliaire de Yaoundé. Mais, le fondateur du nouveau diocèse « sait en quel Dieu il a cru », (sa devise, Ndlr). Son humilité et sa témérité triomphent de ses épreuves.

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