De plus en plus jeunes…

 Bien des candidats sont face aux épreuves à 9 ans, loin des 12 ans requis par les textes.

Quelle est la moyenne d’âge dans une classe du CMII ou de Class VI ? Plusieurs chefs d’établissement répondent : 10 ans. Ils reconnaissent que les enfants sont de plus en plus jeunes, que les parents les envoient trop tôt à l’école. Mais, en retournant la question autrement, pour savoir l’âge requis et règlementaire pour se présenter au concours d’entrer en sixième ?

Tous  se méfient. Plusieurs se contredisent et soupçonnent un traquenard. C’est que, entre ce que disent les textes et la réalité vécue dans les salles de classe, il y a un gouffre. La loi d’orientation de l’éducation N° 98/004 du 14 avril 1998, qui régit le système éducatif au Cameroun, stipule que l’âge d’admission à la maternelle est de quatre ans et l’étude y dure deux ans.

Par conséquent l’âge pour le primaire est de six ans. Un simple arithmétique  permet de comprendre que 12 ans est l’âge requis pour se présenter au concours d’entrer en 6e.

12 ans, au CMII ? Oui, on en trouve, mais c’est rare. Et ceux-là, dans leurs classes, sont les plus âgés.  9 ans, 10 ans, 11 ans, voilà la tendance. Dans les établissements privés, on trouve les 8 ans, candidats au concours d’entrée en sixième. Et même là, on est loin du record d’un jeune Camerounais reçu au baccalauréat à…12 ans.

Il y a une vingtaine d’année, la dispense d’âge était de rigueur pour les 10 et moins. Aujourd’hui, le boulevard est ouvert. Aucun chef d’établissement rencontré, aucun responsable concerné par l’organisation des examens sus-évoqués n’affirme avoir exigé une dispense d’âge cette année ou les années passées. La dispense semble révolue bien que les textes restent en vigueur.

Si Ngane Ekane, directeur du Government English Primary School de Yaoundé estime que les risques de faire brûler les étapes aux petits écoliers sont grands, un responsable du Minesec  suggère le toilettage des textes. « Des génies existent ici et à ailleurs. Il ne faut pas étouffer les nôtres », propose-t-il.

D’ailleurs une vidéo circule en ce moment dans les réseaux sociaux montrant une jeune Kényane de 10 ans, faisant la dédicace de son troisième livre sur les personnes exceptionnelles.

Les nôtres existent. « Mais ces exceptions doivent être traitées comme telles, avec un suivi méticuleux, parce que la moindre négligence dans leur encadrement pour la suite du parcours peut être fatale », prévient Ngane Ekane.
 

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