« Il y a lieu de balayer toute suspicion »

Martin Mbarga Nguele, délégué général à la Sûreté nationale.

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Monsieur le délégué général à la Sûreté nationale, les divers concours d’entrée à la Police ont eu lieu entre le 5 août et le 2 septembre 2017. Soit environ dix mois. Pourquoi les résultats ne sont-ils toujours pas disponibles ?

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Je voudrais relever que le chef de l’Etat, chef suprême des Forces de police, dans le souci de renforcer les effectifs de la Police camerounaise d’une part, et d’autre part, de donner une possibilité d’emploi à la Fonction publique, aux jeunes Camerounais au chômage, avait décidé en 2017, d’augmenter les effectifs à recruter au sein de la Sûreté nationale de 1 050 places supplémentaires. Ces effectifs sont donc passés pour ces concours, de 4 700 initialement, à 5 750. Le cadre des gardiens de la paix a été le grand bénéficiaire de cette augmentation des effectifs. La délégation générale à la Sûreté nationale a été autorisée à recruter 5 020 élèvesgardiens de la paix au lieu de 3 000, comme lors des précédents concours. Par conséquent, il s’imposait de réajuster nos prévisions en ce qui concerne les effets d’habillement, les outils didactiques et la remise à niveau des infrastructures d’accueil dans les centres de formation de la Sûreté nationale. Il était par ailleurs nécessaire d’éviter que les candidats définitivement admis traînent encore dans les quartiers avant de rejoindre les centres de formation. C’est ce qui explique principalement la publication relativement tardive des résultats d’admissibilités à ce concours, qui étaient disponibles, il convient de le préciser, deux semaines après les épreuves écrites.

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La longue attente peut susciter au sein de l’opinion publique une certaine suspicion. Quelles sont les mesures prises pour assurer la transparence dans l’organisation des différents concours de l’année 2017 ?

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Il y a lieu de balayer toute suspicion, car les concours d’entrée à la Police font l’objet d’un processus transparent, fiable, rigoureux, et soutenu par un système informatisé de l’enregistrement des candidatures jusqu’à l’admission définitive. De manière concrète, une batterie de mesures a été prise en vue de garantir l’objectivité du processus de sélection des candidats. Il s’agit entre autres de : l’informatisation totale du processus de recrutement ; l’anonymisation des cahiers de composition des candidats par l’apposition des étiquettes de codes à barres, aussi bien lors des épreuves écrites de tous les concours, qu’au cours des épreuves orales des élèvescommissaires et officiers de police ; la correction, par deux examinateurs différents, des cahiers de composition des candidats lors des épreuves écrites pour le concours des élèves-commissaires de police ; l’orientation, séance tenante et de façon aléatoire, des candidats dans les sous-jurys mis en place pour les épreuves orales. Bien plus, les délibérations sont faites par un Comité restreint de trois (03) hauts responsables à l’intégrité avérée. On peut également relever que le taux appréciable de candidats admissibles à au moins deux concours, est un indicateur non négligeable de la fiabilité et de l’objectivité du processus moderne de recrutement mis en place à la Sûreté nationale.

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Monsieur le délégué général, près de 6 000 jeunes gens devraient être accueillis au Centre d’instruction et d’application de la Police de Mutengene au terme de ces concours. Celui-ci dispose-t-il des infrastructures nécessaires pour leur accueil ?

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En décidant d’augmenter les effectifs à recruter à la Police pour la période 2017-2018, le chef de l’Etat a autorisé le déblocage des moyens substantiels pour renforcer les capacités d’accueil des Centres de formation de la Police. A cet effet, le Centre d’instruction et d’application de la Police de Mutengene a bénéficié de la construction de nouvelles infrastructures (salles de classe, dortoirs, réfectoires) de la dotation des effets d’habillement, du matériel didactique, et d’autres commodités. Grâce à cet appui spécial, ce Centre peut aujourd’hui accueillir 7 000 recrues. Il est par conséquent prêt à héberger, dans des conditions convenables et modernes, tous les candidats qui seront appelés en formation dans les prochaines semaines.

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Au regard de la délicatesse du métier de policier, le principe de respect de l’équilibre régional qui est appliqué dans l’organisation des concours administratifs au Cameroun est-il également valable ici ?

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Les concours d’entrée à la Police ne font pas exception à la règle de la prise en compte de l’équilibre régional. La Police camerounaise est républicaine et représentative des grandes composantes sociologiques du pays, à l’instar des autres forces de défense et de sécurité. Les candidats sont déclarés définitivement admis sur la base du mérite, de l’équilibre régional et du poids démographique des différentes circonscriptions administratives. Ils sont classés par ordre de mérite au niveau national, régional, départemental et de l’arrondissement. S’agissant du processus de recrutement en cours, l’équilibre régional sera appliqué au niveau de la région pour les élèves-commissaires et officiers de police, du département pour les élèves-inspecteurs de police, et de l’arrondissement pour les élèves-gardiens de la paix. Ces critères s’appliquent uniquement pour les concours directs. Quant aux concours spéciaux, les résultats définitifs pour cette catégorie seront arrêtés strictement par ordre de mérite, à l’échelle nationale. En clair, on prendra les meilleurs à l’échelon national et par unité administrative, selon la nature du concours. Lorsque l’on parle de concours, l’opinion pense tout de suite au monnayage des places et à toutes sortes de passedroits.

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Les concours de la Police sont-ils à l’abri de ces pratiques et quelles sont les mesures envisagées contre ceux qui pourraient être tentés de se lancer dans ce genre d’aventures ?

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Chaque fois que nous organisons des concours à la Police, nous prenons la peine de sensibiliser l’opinion publique par rapport à la corruption et autres passe-droits. Nous prenons également la peine de mentionner sur les fiches d’inscription, les récépissés, ainsi que sur les cahiers de composition, que « Le concours à la police ne se monnaie pas. Le corrupteur et le corrompu seront poursuivis par la Justice ». En dépit de cela, certains parents et candidats se livrent à ces jeux d’arnaque et de corruption. Chaque fois que nous recevons des plaintes ou des dénonciations portant sur des faits de cette nature, des enquêtes pénales sont menées et les procédures y relatives transmises aux instances compétentes. De manière générale, le mécanisme de recrutement mis en place vise à faire échec aux multiples réseaux de corruption et d’arnaque construits par des individus de tous bords. Il est donc évident qu’aucun candidat ne pourra être admis parce qu’il aura payé.

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