Soudan du Sud: Riek Machar boude l’accord de paix

Le vice-président exige que ses réserves soient prises en compte dans le document final et s’oppose à la formulation actuelle de la future Constitution.

L’accord de paix définitif qui aurait du voir le jour mardi n’a finalement pas été signé. Le chef rebelle a refusé de parapher le document final devant mettre un terme à la guerre civile qui ravage le pays depuis 2013 et conduire à la paix.

Riek Machar, soutenu par d’autres groupes de l’opposition sud-soudanaise, émet un ensemble de réserves. Le désaccord porte sur la composition du gouvernement de transition proposé dans le projet d'accord, le nombre d'Etats qui composeraient le pays et la formulation de la future Constitution.

Le chef rebelle qui vit en exil depuis 2016 après avoir claqué la porte du gouvernement d’union nationale où il officiait comme vice-président, exigerait aussi un désarmement préalable des milices pro-gouvernementales qui selon lui, représentent aussi un danger à tout processus de paix. L’accord de partage du pouvoir signé le 5 août dernier dans la capitale soudanaise prévoit un gouvernement de transition de 35 ministres.

Salva Kiir devrait ainsi obtenir 20 ministres, Riek Machar, redevenu viceprésident, s’en tirerait avec neuf, les autres partis d’opposition devraient se partager les six portefeuilles restants.

Tout comme il est prévu la mise en place d’une nouvelle assemblée de 550 membres avec 332 pour le pouvoir, 128 pour le camp Machar et 90 pour les autres. Du côté de Khartoum au Soudan où le président sud-soudanais, Salva Kiir, et son opposant ont signé cet accord, l’on prévient sur ce refus de signer qui pourrait à nouveau plonger le pays dans une longue période d’incertitude. «Il s'agit du dernier round à Khartoum.

Il n'y aura pas de paix au Soudan du Sud tant que les opposants ne signeront pas», prévient Ahmed Al-Dierdiry, ministre soudanais des Affaires étrangères. Ce refus apparaît comme un frein aux efforts déployés par l'IGAD, l'Organisation des Etats d'Afrique de l'Est, et l’Union africaine qui oeuvrent depuis de longs mois à relancer le processus de paix dans le plus jeune Etat du monde.

En cas de nouvel échec, le médiateur soudanais devrait se retourner vers l’IGAD pour demander la conduite à tenir. Au soir du 5 août dernier, les grandes puissances au rang desquelles les Etats-Unis avaient mis en garde quiconque constituerait un obstacle à l’application intégrale de cet accord.

Washington avait alors menacé de geler les avoirs des principaux leaders de la crise à qui le séjour sur le sol américain serait interdit. L’agacement de la communauté internationale se justifiant par les multiples accords de paix signés par le passé et qui n’ont jamais contribué au retour à une paix durable. Le dernier remonte à décembre 2017.

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