« Il y a une amélioration quantitative et qualitative des différentes offres »

Dr Yves Martin Assiga Ahanda, médecin et député à l’Assemblée nationale.

Comment appréciez-vous l’évolution du secteur de la santé au cours des sept dernières années dans notre pays ?

C’est toujours difficile de segmenter l’évolution du secteur de la santé sur une période donnée. Sur les sept dernières années, elle a connu de grandes évolutions. Mais, il est évident que pour reprendre un adage du chef de l’Etat, tant qu’il y aura un Camerounais qui n’aura pas les soins auxquels il a droit, on n’aura pas fini le travail au niveau de la santé. Toutefois, ce qui est visible par tout le monde, et dont on peut saluer l’avènement, c’est la réduction de la disparité au niveau des infrastructures. Le chef de l’Etat avait promis qu’il allait transformer ce pays en vaste chantier, la santé n’a pas fait exception. Il y a eu de nombreuses infrastructures hospitalières réalisées dans différentes régions, amenant ainsi notre pays à un niveau très acceptable. Il existe encore quelques disparités. Mais, les exemples font fleurons. C’est l’occasion de souligner l’apport indéniable des partenaires étrangers, notamment allemands, chinois, coréens…

S’agissant du secteur des infrastructures, les progrès relevés ici ont-ils toujours été en adéquation avec les attentes des praticiens que vous êtes ?

Il est toujours difficile de concilier les attentes des patriciens avec celles, à la fois des populations et de l’exécutif. On n’a pas été totalement satisfait. Mais, on a été grandement pourvu en termes d’infrastructures. Dans les grandes métropoles, l’offre des soins est tout à fait recevable. Il n’y a pas seulement une offre quantitative, mais il y a aussi une offre qualitative, avec une amélioration substantielle des soins prodigués, des services spécialisés. On a vu aussi le renforcement à la fois des capacités, mais aussi des structures existantes, dont certaines sont en pleine rénovation. Sans compter les hôpitaux de district, qu’on a vu fleurir ici et là, avec une certaine méthode dans la pratique. Tout cela est à mettre au crédit de l’impulsion du chef de l’Etat et aussi à la fermeté du ministre de la Santé dans la mise en place de tout ceci.

La création de nouvelles formations sanitaires épouse-t-elle toujours les différents domaines de spécialisation en médecine?

Les domaines de spécialisation ne sont pas forcément du fait des formations sanitaires, mais plutôt de la formation universitaire. Il faut avoir des spécialistes dans un domaine particulier pour pouvoir faire une spécialité. La faculté de médecine de Yaoundé a augmenté substantiellement ses différentes spécialisations. Nous avons aussi vu, grâce aux ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur, de nombreuses facultés de médecine se développer ailleurs. Il y a une multiplication qualitative et quantitative de l’offre de soins, non seulement sur le plan infrastructurel, mais aussi sur le plan de la formation du personnel de santé. On travaille aussi à la qualification de ce personnel de santé en fonction des besoins. Ça n’a échappé à personne que sous ce septennat, nous avons eu quelques catastrophes qui ont permis de développer la médecine des catastrophes, de doter les infrastructures qui sont à proximité des grands axes routiers de la capacité à prendre en charge les patients graves.

De nombreuses structures d’encadrement ont été créées. Que vise cet engouement ?

Plus qu’un engouement, c’est une nécessité. Nous avons un boom démographique incessant au niveau africain. Nous sommes entre 22 et 23 millions d’habitants, à l’horizon 2035, on sera 35 à 40 millions d’habitants. Il est évident qu’il faut augmenter le personnel de santé. Et qui dit augmenter en nombre, mais l’augmenter aussi en spécialisation, parce qu’on a vu apparaître de nouvelles pathologies, à la fois sur le plan physique, et psychologique liées au développement, à l’urbanisme, à la pression sociale. Par exemple, on a une recrudescence des accidents vasculaires-cérébraux, des pathologies qu’il faut savoir prendre, non seulement au moment de l’accident même, mais aussi dans le cadre du suivi, de la rééducation et même de la prise en charge psychologique.

Il y a également l’action non-négligeable de la première dame Chantal Biya, tant en ce qui concerne la lutte contre le VIH-SIDA que les soins à apporter à la mère et à l’enfant ?

L’action de la première dame est considérable, parce que dans le domaine médical, on peut avoir des indicateurs. On ne soulignera jamais assez l’apport considérable, l’humanisme et l’humanité de Mme Chantal Biya. Elle apporte de la crédibilité. Elle s’implique à tous les niveaux aussi bien chez les praticiens que chez les patients, notamment pour ce qui est des soins chez ces derniers. On ne peut que souligner son immense activité et le dynamisme qu’elle met à soutenir à la fois la mère et l’enfant, mais aussi toutes les personnes en souffrance. 

Elle est aussi fortement impliquée dans le domaine de la recherche ?

Il n’y a pas beaucoup de centres de formation de recherche à l’heure actuelle au Cameroun. Le Circb a permis, en corrélation avec le ministère de la Santé, d’ouvrir de nouveaux horizons en termes de recherche, notamment sur le Vih/Sida, sur différents médicaments, et qui permettent aujourd’hui d’affirmer que dans ce domaine-là, le Cameroun n’est plus en retard par rapport aux autres.

 

 

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