Arrimage au numérique: le couple présidentiel a donné le ton

En acceptant de parrainer diverses initiatives, Paul et Chantal Biya ont permis à plus de 250 000 jeunes, enfants et femmes de se connecter à la société de l’information en sept ans.

L’histoire se passe de tout commentaire. « Mordue dans mon champ par un serpent, j’ai eu l’idée de prendre la bête en photo. J’ai pu envoyer ensuite cette photo à mon fils resté au village via WhatsApp dont l’application est installée dans mon téléphone Androïd. C’est ainsi que l’on a su quel sérum rechercher pour m’administrer et me sauver la vie ».

Le témoignage est d’une femme rurale rencontrée durant une cérémonie de remise de parchemins de l’opération « « Un million de jeunes, d'enfants et de femmes à l'horizon 2035 (MIJEF 2035)» à Bagofit (Haut-Nyong) en 2017.

Sans cette initiative de vulgarisation des Technologies de l’information et de la communication (Tic), le reporter de CT n’aurait jamais reçu ce témoignage et peut-être que la dame serait morte. C’est que, conscient du retard du pays dans le numérique, des acteurs comme la représentation du Cameroun de l’Institut africain d’informatique (IAI), ont entrepris d’amener les Tic au plus près des populations. C’est ainsi qu’est né en 2002 le projet 100 000 femmes à l’horizon 2012.

Selon Armand Claude Abanda, représentant résident de l'IAICameroun, « au 23 octobre 2012, 103 350 femmes ont été formées sur l'ensemble du territoire national ». Une activité qui va révéler l’ampleur du besoin. MIJEF 2035 est enclenché trois ans plus tard avec le haut parrainage de Chantal Biya, Première dame du Cameroun.

Armand Claude Abanda va s’y appuyer pour convaincre un certain nombre de personnalités de prendre en charge la formation de milliers de femmes et de jeunes dans diverses localités du pays. En 2018, « ce sont plus de 150 000 jeunes, enfants et femmes qui ont déjà reçu une formation aux Tic par le biais de l’opération MIJEF 2035 », souligne le représentant résident de l'IAI-Cameroun.

Avec un but de 50 000 personnes par an, et avec le soutien constant du couple présidentiel, il est clair que l’objectif final sera atteint. Paul Biya de son côté a donné son onction pour que le campus de Nkol Anga’a (sur la route de Mfou, département de la Mefou-et-Afamba) porte son nom. Baptisé «Centre d'excellence technologique Paul Biya», et bâti sur un espace de 5 hectares il incarne la matérialisation de l’ambition du chef de l’Etat de former plus de techniciens et d’ingénieurs en informatique. Toujours dans l’optique de « rattraper au plus vite notre retard dans le développement de l’économie numérique ».

Au cours du septennat qui s’achève, les réalisations observées sur le terrain sont donc légion. A côté du travail mené par l’IAI-Cameroun, il y a eu aussi le projet des télé-centres communautaires pour réduire la fracture numérique avec les masses. Implantés dans la plupart des localités du Cameroun, ils permettent aux populations issues des zones rurales de goûter aux délices de la modernité.

Des plaques solaires, des connexions internet, des ordinateurs, et bien des transactions « multi média » ne sont plus un mystère dans les villages. Ainsi, les populations de Fotokol, Darak, Bourrah dans l’Extrême-Nord, Akwaya, Idabato dans le Sud-Ouest, Furu Awa dans le Nord-Ouest, Garoua- Boulai, Kentzou à l’Est, pour ne citer que celles-ci, ont bénéficié de ces faveurs technologiques.

On parle de 40 000 villages connectés à l’internet d’ici 2035. Des réalisations menées entre autres grâce à l’augmentation du budget alloué au ministère des Postes et Télécommunications. De 2010 à 2017, l’enveloppe dédiée à ce département ministériel est passée de 12, 641 milliards de F à 53,388 milliards de F. Les investissements dans les services de télécommunications ont plus que doublé de 2011 à 2014, passant de 103,15 milliards de F à 272,85 milliards de F.

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