« Nous prévoyons d’accueillir 3000 enfants en salles »

Sylvie Nwet, déléguée générale du festival Yarha.

Cette 5e édition présente une programmation de films dense et variée. Comment s’est opérée leur sélection ?

Comme toujours le choix s’opère par nos différents contacts que nous avons à travers le monde et aussi lorsque j’effectue personnellement des déplacements pour d’autres festivals. Il y a mes propres coups de cœur, mais il y a aussi le doigté du comité de programmation et de partenaires comme André Ceuterick, qui nous a fait une présélection des films, parce que c’est le même travail qu’il a effectué pour de nombreux festivals de cinéma à travers le monde. Il nous a fait part de films de bonne facture. Voilà comment on opère pour le choix des films. Au niveau national, nous lançons des appels à films. Au Cameroun, nous avons eu une dizaine de propositions, des longs et courts métrages, et nous n’avons sélectionné que trois. Nous avons 15 films en compétition cette année et c’est d’ailleurs la grande innovation. Ces films viennent de tous les coins du monde, que ce soit de l’Equateur ou de l’Egypte qui a proposé quatre films à lui seul. Le film qui a d’ailleurs ouvert le festival est égyptien. Il s’agit de « Kiss Me Not ».

Quelles mesures avez-vous prises pour garantir l’affluence dans les salles de projection ?

Si nous avons décidé d’avoir plusieurs salles, ce n’est pas par rapport à la tradition Yarha. Depuis l’année dernière, nous avons une innovation qu’on appelle « Les matins petits déjeuners cinéma » et grâce à ce projet, nous sommes obligés d’aller dans de grandes salles. Cette année, nous prévoyons d’accueillir 3000 enfants. Depuis samedi, ils sont venus à l’Institut français et depuis mardi, nous sommes à la Fondation Muna, au Centre culturel camerounais et à Sita Bella. On a plusieurs salles seulement pour les enfants, mais pour ce qui est des adultes, on n’a que deux salles : Sita Bella et le Centre culturel camerounais. On a eu trois jours de projections à l’Institut français, donc il n’y aura plus de projection de ce côté. Et les projections pour les adultes commencent à 15h.

Le festival a récemment ajouté les courts-métrages dans sa programmation. A cet effet, comment le visage de Yarha a-t-il été transformé ?

Les réalisateurs de courts-métrages ont trouvé en Yarha une plateforme. Ce n’est pas évident de faire un long métrage, un vrai long métrage. J’insiste parce qu’on a cherché pas mal de longs métrages ici, et comme vous pouvez le constater depuis la première édition, on n’a pas de longs métrages camerounais dignes de ce nom pour être à Yarha. Yarha veut dire premier, donc ce festival est fait pour celui qui trace sa route avec un vrai film. Donc on s’est dit, il faut qu’on insère des courts métrages, parce que cela leur permettra de pouvoir être là, de voir leurs œuvres et échanger avec les autres pour voir à quel moment ils peuvent décider de franchir le pas du long métrage.

Sur ce plan, les ateliers et les rencontres que vous organisez chaque année ont-ils apporté une certaine amélioration aux productions camerounaises ?

La connaissance oui la production non, parce qu’on bute toujours sur les financements qui font malheureusement défaut ici chez nous. Mais de par les témoignages des participants à nos ateliers, on comprend qu’ils ont beaucoup appris à Yarha. Ils ont touché du doigt les problèmes qui sont les leurs, ils ont échangé avec des vrais professionnels venus d’ici et d’ailleurs. Pour réussir, il faut échanger avec les autres et nous sommes contents de savoir que le retour est positif. Ça nous fait plaisir de voir que ces jeunes qui sont passés par Yarha connaissent un véritable succès.

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