Violence en milieu scolaire: la cote d’alerte

La communauté éducative est en émoi depuis le meurtre d’un élève à Yaoundé. Le Minesec prescrit des mesures fortes.

La recrudescence des violences en milieu scolaire préoccupe. Le 22 novembre dernier, un autre cas grave est venu alourdir la liste. Les faits se sont produits à l’Institut polyvalent bilingue La Sophia, au quartier Nkolfoulou, sur la route Yaoundé-Soa. Le nommé Dave Menendi, 18 ans, élève en classe de Terminale a été arraché à la vie suite à un coup de poignard asséné par son camarade Cabrel Fankam Taliedi. Selon les témoignages, tout serait parti d’une discussion entre les deux. « C’était pendant notre heure creuse. Nous étions en train de réviser dans une autre salle de classe. Je ne sais pas quelle était l’origine de leur dispute. Tout a dégénéré lorsque Dave Menendie a dit à haute voix : la drogue que tu prends ne m’influence pas. C’est alors que Fankam Taliedje a sorti un couteau et l’a poignardé à la fesse avant de prendre la fuite », a relaté Ulrich Minbolé, élève. Conduit à l’Hôpital central, l’élève va succomber à ses blessures quelques heures plus tard. Ce n’est pas le seul incident enregistré dans l’établissement. Le vendredi 16 novembre déjà, un gang de sept personnes non identifiées a dépouillé quelques élèves de leurs biens à la sortie des classes. Dans un autre établissement, des élèves ont décidé d’attaquer physiquement un enseignant qui leur avait infligé une punition. 

Face à la multiplication des cas de violences dans certains établissements scolaires, le ministre des Enseignements secondaires (Minesec), Nalova Lyonga, n’est pas restée indifférente. Mardi, elle s’est rendue à l’Institut polyvalent bilingue La Sophia en compagnie de ses plus proches collaborateurs. Elle y a sensibilisé les élèves, le personnel enseignant, les responsables de l’établissement et des parents d’élèves sur les méfaits de la consommation de la drogue en milieu scolaire. Elle leur a également donné des orientations pour faire face aux violences et à l’insécurité dans établissement scolaire. Non sans soulever des interrogations. « Comment un élève a-t-il réussi à entrer avec un couteau dans l’enceinte de l’établissement ? N’y a-t-il pas de détecteur de métaux ? Qu’en est-il des fouilles systématiques et inopinées des élèves ? » a-t-elle demandé. À toutes ces questions, les responsables du complexe scolaire n’ont pas pu apporter de réponses convaincantes.

La suite des travaux était axée sur les recommandations du Minesec. Nalova Lyonga a prescrit aux dirigeants de travailler en collaboration avec les forces de l’ordre, de se procurer des détecteurs de métaux, afin que les élèves ne puissent plus se rendre dans l’enceinte de l’établissement avec des objets dangereux. Elle a également recommandé le travail de collaboration entre élèves-parents et enseignants, à travers l’instauration des comités de vigilance. La création d’activités post et périscolaires, la sensibilisation des élèves et la mise en place d’un service d’orientation font également partie des prescriptions du ministre.

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