Un homme de paix

On se serait attendu à ce que les Camerounais qui ont pris les armes contre leur patrie soient voués aux gémonies. Que non! En bon père de famille, le président de la République, Paul Biya, est soucieux de l’avenir de ses enfants, de tous ses enfants. Sans discrimination. A ses yeux, il n’y a point de paria. Même ceux qui, à un moment donné, se sont écartés du droit chemin pour une raison ou pour une autre, ont droit au pardon, avec, en plus, la perspective du retour dans la famille et la société. C’est le sens à donner à l’offre de paix formulée dans son discours d’investiture le 6 novembre 2018 à Yaoundé. Une volonté qui vient de se matérialiser par la création, le 30 novembre dernier, du Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration des ex-combattants du Boko Haram et des groupes armés des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. La structure qui vient de voir le jour aménage un cadre d’accueil et de réinsertion sociale au profit des personnes désireuses de répondre à l’offre de paix formulée par le chef de l’Etat. Ce faisant, ceux qui, volontairement, vont décider de déposer les armes, n’auront pas de soucis à se faire. En d’autres termes, des mesures sont prévues, dans le cadre de ce Comité, pour leur donner la chance de bâtir une nouvelle vie au sein de la République. Les ex-combattants pourront ainsi être accueillis et conduits dans des sites de cantonnement où ils bénéficieront d’un encadrement approprié et d’une assistance multidimensionnelle dans le cadre de leur préparation à un retour à la vie civile. Dans cette optique, une assistance sera aussi apportée aux communautés d’origine des ex-combattants aux fins de faciliter leur réintégration. En outre, en vue d’aider à la réinsertion dans la vie civile de ces ex-combattants, il y aura l’organisation, la formation, la mise à disposition d’outils ou moyens de production et l’assistance à la création d’activités génératrices de revenus. Face à cette perspective plus prometteuse, les jeunes qui sont en brousse devraient franchement réfléchir et prendre la bonne décision. Celle de déposer les armes car la voie qu’ils ont choisie ne peut que les conduire vers leur perte. L’Histoire n’ayant, pour le moment, enregistré aucune victoire de la rébellion d’un groupe d’individus contre un Etat. La guerre du Biafra, pour ne citer que ce cas, a duré plusieurs années (19671970). Elle a causé la mort de un à deux millions de Nigérians. Mais, à la fin, les forces fédérales nigérianes ont fini par prendre le dessus sur les insurgés et le Biafra a été réintégré au Nigeria. Le chef de l’Etat, Paul Biya, qui a prêté serment pour défendre l’intégrité du territoire camerounais, aurait pu se limiter uniquement à l’option de la force. Et ce ne sont pas les moyens militaires qui font défaut. Homme pacifique, il a déjà aménagé une porte de sortie plus honorable pour les combattants dont certains, à coup sûr, sont pris au piège d’un conflit sans issue favorable pour ceux qui l’ont déclenché. A eux de savoir saisir cette main tendue qui n’est pas la première du genre. On se souvient en effet que depuis le début de ce conflit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le président de la République n’a pas cessé d’appeler au dialogue. C’est ainsi que les revendications à caractère corporatiste qui ont été présentées au départ ont trouvé des solutions. Les questions encore en suspens sont examinées dans des cadres de concertation mis en place à cet effet. En permettant cette fois-ci aux combattants de déposer les armes, Paul Biya monte encore d’un cran dans sa démarche d’homme de paix. Midjiyawa

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