Développement de l’agriculture: les jeunes, une pièce maîtresse

Grâce à leur familiarisation avec l’outil technologique, ils constituent un des moteurs de l’ascension de ce secteur en Afrique. Mais ils sont face à de nombreuses difficultés, notamment les financements.

Dans une localité logée à des dizaines de kilomètres et séparée de la capitale Gaborone par une route non bitumée et impraticable en saison pluvieuse, les agriculteurs ne s’inquiètent pas pour leur récolte. On est au Botswana, pays situé dans le sud de l’Afrique. Ici, les acteurs du secteur agricole sont confiants, car ils s’appuient sur l’application « mAgri », créée par une jeune entrepreneure nommée Naledi Magowe. Grâce à cette application, les agriculteurs, peu importe le coin de la planète où ils exercent leurs activités, peuvent connaître en temps réel les fluctuations des prix de leurs produits. Ils peuvent ainsi déterminer quand, où et auprès de qui les écouler. Gain de temps, d’énergie et d’argent, c’est l’un des principaux avantages de cette application. Mais pas que. « mAgri » permet également de connecter les agriculteurs avec d’autres intervenants. Ils peuvent ainsi étendre leur clientèle sur le plan local, et même international, et faire décoller l’agriculture dans toute l’Afrique.

Justement, cette envie d’expansion est dans les projets de la promotrice de l’appli, qui souhaite étendre son utilisation sur le reste du continent, notamment au Cameroun. Une ambition que Naledi Magowe et d’autres jeunes créateurs hi-tech ont partagée avec les participants du African Green Revolution Forum (AGRF), tenu du 5 au 8 septembre 2018 à Kigali au Rwanda. Divers outils technologiques mis en œuvre par des jeunes entrepreneurs africains rentrent en droite ligne des résolutions de l’AGRF, qui au premier plan, veut positionner les jeunes et les femmes comme éléments-moteurs du développement agricole. Dans son propos de clôture, le président de la République du Rwanda, Paul Kagamé a révélé que l’époque actuelle, bercée par les nouvelles technologies, est plus propice que jamais pour une implication plus grande des jeunes dans l’agriculture. « L’agriculture a besoin d’eux, de leur ingéniosité et de leurs rêves », a-t-il déclaré.

Les chiffres sont d’ailleurs du côté des politiques de développement agricole qui misent sur la jeunesse. La population des jeunes en Afrique subsaharienne s’accroît rapidement. La catégorie des 15 à 24 ans avoisine les 200 millions, un nombre qui devrait doubler d’ici à 2045 selon plusieurs études. D’après les perspectives économiques en Afrique 2018 de la Banque africaine de développement (BAD), l’Afrique comptait en 2015 environ 226 millions de jeunes, un chiffre qui devrait encore augmenter de 42% d’ici 2030. Un quota à exploiter avec intérêt. Les experts s’accordent donc à dire que l’agriculture ne créera beaucoup d’emplois qu’avec l’implication de la jeunesse. L’AGRA, Alliance for a Green Revolution in Africa, qui soutient les petits agriculteurs africains, voit le secteur à la fois plus productif et plus attractif avec l’appui des jeunes exploitants.

Pour l’heure, les jeunes agriculteurs font face à de nombreuses difficultés, avec au premier chef, la difficulté d’obtention des prêts agricoles. Un frein pour les jeunes entreprises agricoles, en raison des taux d’intérêts élevés des banques et des nombreuses exigences de garantie des institutions financières. Les gouvernements africains et autres organismes internationaux sont invités à débloquer des fonds pour aider les jeunes à se lancer dans le business agroalimentaire, mais aussi à embrasser d’autres aspects de l’agriculture : de la production à la vente, en passant par la transformation.

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