«Le président a jeté les bases de l’industrialisation»

Pr Jacques Etamè, directeur de l’Institut universitaire de technologie (IUT) de Douala.

Quelles sont selon vous les voies pour parvenir à l’émergence à l’horizon 2035?

Tous les ingrédients sont dans le discours du chef de l’Etat. Il a parlé du Plan Directeur d’Industrialisation, le PDI. En effet, on ne connait aucun pays au monde qui soit devenu émergent sans que son tissu économique soit industrialisé. Et le président a jeté les bases en déclinant deux des éléments prioritaires du PDI : les sanctuaires industriels nationaux que sont l’agriculture et le numérique. A  travers son discours, il demande aux uns et aux autres de s’engager dans l’opérationnalité de la vision du PDI.

Et comment pensez-vous que l’université camerounaise peut s’engager ?

Dans ce même discours, il a été question de la professionnalisation. Et l’université camerounaise aujourd’hui, en l’occurrence l’université de Douala, doit rester inventive et innover en matière de professionnalisation. Il y a deux démarches pour atteindre cet objectif : Créer des passerelles  entre le monde universitaire et celui de l’entreprise ou il faudrait une volonté politique forte afin que tout projet d’industrialisation puisse être couplé à l’université comme cela se fait ailleurs dans des pays qui ont connu ce saut dans leur développement. Pour ce qui est des passerelles, il des mécanismes existant qu’il faudrait rendre plus vivants ou opérationnels comme la convention entre le ministère de l’Enseignement supérieur et le GICAM ou encore la Plateforme de coopération université – entreprises (PCUE) de l’université de Douala. Il y a aussi d’autres à mettre en place à l’instar des technopôles spécialisés, des centres de production et de développement technologique, des maisons de l’entreprenariat, etc… Quant à la volonté politique, il y a l’impératif besoin d’obliger des firmes extérieures qui viennent investir au Cameroun à associer l’université. Aucun pays ne s’est développé en excluant l’université en matière d’industrialisation.

A côté de l’agriculture et du numérique, sur quel autre secteur du PDI pensez-vous qu’on pourrait se focaliser ?

Il y a le pilier Chimie-Pharmacie. Le marché de la chimie et de la pharmacie se chiffre en centaines de milliards et est détenu à plus de 50% par l’Asie. L’industrie embryonnaire nationale ne représente même pas 1%. Donc toutes ces devises vont à l’extérieur du Cameroun. C’est un secteur porteur à forte valeur ajoutée. C’est d’autant plus une opportunité qu’avec l’avènement de la sécurité sociale (volet pharmacie), le secteur informel sera réduit et c’est des parts de marché à récupérer pour l’industrie pharmaceutique nationale. Dans le plan stratégique de développement de l’université de Douala, il est prévu la mise en place d’une usine-école dans le domaine de la chimie industrielle et pharmaceutique (CIP). Et en attendant cette usine-école, il y a déjà une formation de licence CIP mise en place par quatre établissements du pool technologique : l’IUT, l’Institut des sciences halieutiques (ISH), la Faculté de sciences et la Faculté de médecine et de sciences pharmaceutiques (FMSP).

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