« The Mercy of The Jungle » : l’amitié plus forte que la guerre

Le film du Rwandais Joël Karekezi, Etalon d’or de Yennenga, tisse des liens forts entre deux soldats piégés dans l’immensité de la forêt congolaise.

« The Mercy of The Jungle » est une épopée palpitante au cœur de la forêt, aux frontières entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Dense et touffue, elle s’étend à perte de vue. Dans ce labyrinthe vert, deux soldats de l’armée rwandaise, le Sergent Xavier et l’inexpérimenté soldat Faustin sont pris au piège. Les héros de cette aventure haletante sont enfermés dans un étau qui desserre au fur et à mesure qu’ils s’avancent toujours plus profond dans la forêt congolaise, réputée pour être la plus hostile et la plus vaste du continent. Ils sont les seuls survivants d’une attaque de leur bataillon. Après la furie des balles, réussiront-ils à échapper à la dureté de cet amas infini d’arbres ? Savent-ils seulement où ils vont ? Une chose est certaine, ils connaissent bien leurs ennemis. Ce sont les rebelles congolais. Non, c’est l’armée congolaise. Non, c’est l’armée rwandaise. Non, c’est la guerre, cette interminable guerre qui les contraint de s’enfoncer dans la jungle, et les soumet à sa merci.

Atteindre leur base, c’est l’unique moyen d’avoir la vie sauve, pensent-ils. Le chemin du Sergent Xavier et du soldat Faustin est encore long. Les deux hommes vont se découvrir intimement, malgré eux. Se rapprocher aussi. Mus par un esprit de solidarité, les deux figures majeures de ce film du réalisateur rwandais Joël Karekezi, voient naître une amitié profonde, où le seul intérêt est de sauver, de protéger la vie de l’autre. Au milieu des balles, des camps et de cette guerre vorace du sang de milliers de victimes, un lien fort se tisse. La rigueur de la hiérarchie n’est plus. Face à la pénombre et à la froideur de la jungle, le redoutable Sergent Xavier, incarné avec maestria par Marc Zinga (prix de la meilleure interprétation masculine au Fespaco 2019), s’adoucit. Entre lui et Faustin (Stéphane Bak), la barrière du grade est brisée. Les galons ne servent pas à grand-chose dans une situation aussi dramatique.

Devant tant de péripéties, le suspense est sans fin. Le cinéphile lui, n’a pas le temps de s’ennuyer, allant d’un dévoilement à l’autre. L’Etalon d’or de Yennenga, « The Mercy of The Jungle », entendez « La miséricorde de la jungle », questionne la nécessité de la guerre, en même temps qu’il tente d’en extirper une leçon de fraternité, d’amitié, de tolérance. La projection du film au Ciné Burkina de Ouagadougou, seulement quelques minutes après sa proclamation comme grand vainqueur de ce cinquantenaire du Fespaco, a drainé des centaines de spectateurs. Joël Karekezi et « The Mercy of the Jungle » sont désormais gravés dans la légende du cinéma africain.   

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