Algérie: vague d’arrestations dans le pays

De nombreuses personnalités sont interpellées dans le cadre d’une vaste opération de lutte contre la corruption initiée par les autorités de transition.

Abdelmounen Ould Kaddour a été viré mardi de son poste de président directeur général de Sonatrach, l’entreprise pétrolière nationale présentée comme étant la plus importante d’Afrique avec ses 120 000 salariés et plus de 150 filiales. Il a été remplacé par Rachid Hachichi, un autre haut cadre de la boîte. Même si les raisons de ce limogeage restent encore inconnues, tout porte à croire que cette déchéance n’est pas un fait du hasard. Surtout qu’elle intervient dans un contexte particulier marqué par de nombreuses enquêtes dans des affaires de corruption lancées contre certaines hautes personnalités. Ahmed Gaïd Salah, le chef d’état-major de l'ar mée, a instruit une accélération des procédures judiciaires en cours.

Condamné en 2007 par un tribunal militaire dans une affaire d’espionnage, le PDG déchu pourrait intéresser la justice algérienne. Depuis le week-end dernier, la chronique algérienne est animée par une vague d’arrestations. Dans le cadre de cette lutte anti-corruption lancée par le régime de transition, de nombreuses grosses fortunes du pays ont déjà été mises aux arrêts.

A l’instar des frères Kouninef- Redha, Abdelkader, Karim et Noah, propriétaires de l’entreprise familiale Kou GC fondée en 1971, interpelés dimanche soir par la gendarmerie. Cette fratrie est accusée de « trafic d'influence » et «non-respect de contrats conclus avec l'État» dans le cadre d’une enquête liée aux conditions d’obtention de marchés publics. Issad Rebrab, la première fortune d’Algérie, n’a pas été épargné par cette opération d’assainissement des mœurs.

Propriétaire du groupe Cévital, spécialisé dans la sidérurgie, l’électronique, l’électroménager et les travaux publics, ce multimilliardaire est poursuivi pour fausses déclarations relatives à des transferts de capitaux vers l’étranger, à la surfacturation d’équipements importés et l’importation de matériel d’occasion. L’ex-patron a été placé sous mandat de dépôt et transféré à la prison d’el-Harrach.

Toutes ces personnalités vont ainsi rejoindre Ali Haddad, l’ancien président du patronat algérien, interpelé le 31 mars dernier alors qu’il s’apprêtait à passer la frontière tunisienne. Ahmed Ouyahia, ancien Premier ministre, et Mohamed Loukal, ministre des Finances, sont aussi dans le collimateur de la justice. Mais, l’opération est plutôt perçue comme une campagne de règlement des comptes plutôt qu’une lutte anticorruption.

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