Dialogue for NW, SW: Imperative Convergence In Action

Pr. Joseph Vincent Ntuda Ebode, géostratège

Following the visit of the Prime Minister, Head of Government, Joseph Dion Ngute to the North West and South West Regions in May this year, the general call for dialogue from politicians, civil society organisations and other national and international stakeholders have increased.  The Prime Minister during the peace keeping mission to the affected regions transmitted the Head of State’s readiness and preparedness for dialogue as a means to finding a definite solution to the current socio-political tension in the two English speaking regions. Several measures have however been taken by the government in response to the grievances raised by the teachers and lawyers of English expression in 2016. Pr. Joseph Vincent Ntuda Ebode, a Geostrategist, in an interview highlights the determination of President Paul Biya to addressing the situation as seen in the various initiatives and government missions dispatched to talk with the population. Read his interview and our editorial.

Le Premier ministre, chef du gouvernement a récemment séjourné dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sur instructions du président de la République. Avec ses interlocuteurs, il a transmis l’offre de dialogue du chef de l’Etat face à la situation de ces deux régions. Qu’est-ce qui est nouveau dans cette annonce ?

Pour répondre à cette question, il faut tenir compte au moins de trois facteurs : les acteurs, la conjoncture et l’histoire de la question du dialogue dans la résolution de cette crise. Sur le plan historique, il faut d’emblée rappeler que dès l’entame de cette crise, le gouvernement s'est montré disposé au dialogue. Il eût été autrement que, les nombreuses missions sur le terrain conduites par les hautes autorités ne se seraient pas rendues sur les lieux et les négociations ayant donné les résultats qu'on connaît aujourd’hui ; en guise de réponse aux doléances des corps de métier qui s'étaient mis en grève, ne se seraient jamais tenues. Il s’en suit donc logiquement que, dès le début de la crise actuelle, il y a eu Dialogue. Mais ce dialogue, a été, officiellement interrompu, lorsque le gouvernement s’est rendu compte de la supercherie. En fait, l’ordre du jour arrêté d’accords parties a commencé à changer au fur et à mesure que les négociations avançaient, passant des questions catégorielles d'essence sociale, aux préoccupations politiques sur la nature du système politique, en passant par l'intensification du recours à la violence armée contre les forces de défense et de sécurité, l’agression des autorités, la destruction des infrastructures et les appels aux villes mortes. C’est donc dans ce contexte que l’Etat, conformément à la Constitution, a fait recours aux forces de seconde catégorie, dans la perspective d'un maintien de l’ordre renforcé, pour restaurer son autorité, sécuriser les biens et les personnes et protéger les libertés individuelles et publiques et surtout celle d’aller et venir. Malgré ce recours aux forces de maintien de l’ordre, le pouvoir n’a jamais fermé la porte du dialogue. Ainsi, dans aucun discours du chef de l’Etat, lorsqu’il lui est arrivé d’aborder cette question, ne se trouve l'idée que la solution à la crise serait uniquement l'imposition de la force. On peut pour s'en convaincre prendre les discours de fin d’année, ceux des 11 février, celui de la campagne électorale prononcé à Maroua ou le plus illustratif de tous : le discours d’investiture devant les deux chambres réunies en Congrès dernièrement. Si le discours sur le dialogue n'est donc pas nouveau, ce qui l’est par contre, c’est d'abord le contexte national et international marqué par la réélection du Candidat de la Force de l’Expérience et la restauration progressive de l’autorité de l’Etat, laquelle explique la mise sur pied d’un Comité de Démobilisation, Désarmement et de Réinsertion sur le plan interne; et le refus par la plupart des instances internationales de reconnaître un pseudo Etat issue de l’irrédentisme de certains compatriotes des régions d’expression anglaise. La rencontre de ces deux facteurs ayant davantage ouvert les perspectives de dialogue comme porte de sortie politique, l’arrivée de nouveaux acteurs au gouvernement est ensuite venue consolider cette tendance. En fait, la nomination d'un nouveau Premier ministre et d'autres fils de cette zone aux affaires a été perçue par une bonne portion des populations de cette partie du pays, face à l’illusion indépendantiste, aux rapports de force réels sur le terrain et à la montée en puissance des groupes criminels, comme un signe annonciateur d'un nouveau contrat de confiance avec Yaoundé. D’où le fait donc que cette fois-ci, la proposition de dialogue, pourtant constante dans les discours du chef de l’Etat, apparaisse à certains comme une nouveauté. Pourquoi est-il important de passer à cette phase ? Le dialogue constitue la phase ultime de tout conflit. La seule chose qui change, c’est la manière donc on y parvient. On peut y parvenir en soumettant au moyen de la violence armée son ennemi ; au point d’obtenir sa capitulation ; même si cette modalité crée des frustrations susceptibles de faire renaître le conflit. Voilà pourquoi on tend souvent à privilégier la stratégie d'affaiblissement substantiel de son ennemi au moyen de différentes modalités et lui réserver une porte de sortie honorable. Comme vous le savez, le conflit Cameroun-Nigéria prend fin officiellement par les accords de Greentree. Ce fut dans la vérité, une forme de dialogue sous le regard des puissances américaine, allemande, britannique et française, jouant à la fois le rôle de médiateurs et de parrains. Dans les années quatre-vingt-dix, c’est la Tripartite qui a mis fin au conflit. Il est donc important de passer par cette phase parce qu’à la fois, elle pose les conditions de possibilité d’une réconciliation entre belligérants et trace les voies d’une nouvelle société, plus consensuelle, plus équitable, plus juste et plus inclusive; dans l’optique d'une paix durable.

Peut-on parler d’instrumentalisation de cette crise ?

A mon sens, le problème central, qui a été instrumentalisé par ceux qui avaient d'autres agendas portait sur les modalités de coexistence pacifique entre les deux macro communautés que sont les communautés anglophone et francophone. L’origine étrangère de ces deux cultures explique la rapide internationalisation du conflit. Mais à côté de cette querelle identitaire, se trouvent des enjeux de gouvernance politique, économique, sociale et géopolitique.

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